‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 151 sur 172 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Tout nous prêche : F hiver, avec ses traits moroses, Comme le gai printemps avec ses lèvres roses. Quand, sous nos yeux ravis de leurs mille couleurs. Le jeune roi des prés fait manœuvrer ses fleurs, Que ne nous dfsent pas leurs bandes émaillées. En passant devant nous, enseignes déployées!

Soit celles, dont l'essaim ne brille qu'en plein jour, Comme autant de rayons ie lumière et d'amour. Qui prendraient, pour nous plaire, une forme embaumée : Soit celles dont la nuit cache la renommée.

Et quis'ouvrent, dans l'ombre, échos mortels des cieux. Quand leur dôme bruni se paillette de feux, Pour apprendre aux humains, sans mystère et sans voiles, Que les fleurs ici-bas sont les sœurs des étoiles.

Non contente parfois de briller au soleil, Plus d'une , renonçant aux douceurs du sommeil , Des fulgores du soir immobile rivale.

Allume sous nos bois sa lampe végétale.

Voyez la capucine, à gorge d'acajou.

Que d'opulents jardins font venir du Pérou :

Un brouillard lumineux, montant de sa corolle, Y flotte, au crépuscule, en guise d'auréole;

On dirait) aux passants jaloux de la montrer, Son parfum qui prend feu, pour la faire admirer.

Est-il à l'idéal une âme assez fermée ,

Pour s'expliquer à faux cette énigme animée ?

A toute poésie il faudrait être mort,

Pour n'en pas dégager, pième au premier abord,

L'image la plus vraie et la plus saisissante.

Elle aussi, dans la nuit, devient phosphorescente.

Quand l'homme abâtardi sent baisser son niveau.

Et s'enfonce dans l'ombre, elle prend son flambeau ,

Et, qu'il marchande ou non sa clarté tutélaire.

Faite pour l'éclairer, l'intrépide Téclaire.

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