‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 152 sur 172 · LES METAMORPHOSES · texte numérisé non relu

LES METAMORPHOSES

Un arbre tout entier, ligneuse chrysalide ,

Dort donc là replié dans sa coque solide!

Il faudra 9 si Ton veut qu'il échappe au sommeil,

Et puisse, en en sortant, recevoir du soleil,

Pour ne pas s'envoler, ses ailes de verdure.

Que l'humus le prépare à changer de nature.

La terre le transforme, en le décomposant;

Du tombeau créateur sa vie est un présent.

N'est-ce pas là , pour l'homme , un augure , un pWsage ,

Et de son sort futur une sublime image,

Lui qui prend, chaque jour, sans songer à douter,

Soin d'enterrer son grain, pour le ressusciter?

Oui, l'homme, enveloppé dans le bois de sa bière,

Comme de son noyau l'amande nourricière.

N'est pas jeté pour rien aux creux de ses sillons; La vie adhère encore à ces derniers haillons. Plante sainte et vivace, à la mort réfractaire, Pour repousser au ciel, il pourrit sous la terre.

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