LES COURONNES
La foudre aime à frapper, dit-on, les hautes cimes;
L'aquilon, dans les bois, choisit pour ses victimes ^
Les arbres dont la tète, interrompant son vol ,
Semble plus près du ciel qu'elle n'est loin du sol.
Tous les fronts qui sont grands, le malheur s'en empare :
L'histoire, à ce sujet, ne fut jamais avare
D'exemples éclatants, ni ce siècle non plus.
Que de trônes brisés , sans être vermoulus ,
Dont le vent populaire a rasé les colonnes;
Et combien n'a-t-il pas emporté de couronnes.
En soufflant son haleine à la face des roisi
Ce n'est pas qu'aucun d'eux eût plié sous leur poids ,
Ou qu'ils eussent si mal posé leur diadème.
Qu'ils l'auraient, tôt ou tard, laissé tomber d'eux-même ;