LIVRE QUATRIEME
Mais on prétend aussi que, pour y recourir, n faut vraiment avoir quelque chose à guérir. Il devient autrement fatal et délétère.
La santé qu'il n'a pas à nous rendre, il l'altère. Il obscurcit la vue, il trouble la raison :
Remède d'une part, c'est de l'autre un poison I
Est-ce un fait véritable, ou n'est-ce qu'un emblème? Toujours est-il certain que l'effet est le même. Lorsque du sens réel on passe au figuré.
L'encens des mots aussi veut être mesuré.
Qu'on la donne à propos, la louange salubre, Éclaircit de nos fronts le nuage lugubre , Rouvre les yeux fermés par le doute de soi.
Et dans la nuit d'un cœur, à qui manque la foi , Ramène, avec l'espoir, une douce lumière.
Elle est aussi parfois malsaine et meurtrière. De nos esprits émus dérangeant le niveau , L'éloge est un parfum qui nous monte au cerveau. Et, conmie ceux du corps, éteint les yeux de Tâme. Pris inmiodérément, cet élixir de flamme.
Nous enivre parfois jusqu'à nous rendre fous , Et fait comme l'esprit chanceler nos genoux.
Qu'on le demande aux rois, s'ils veulent vous le direl Il n'est que Dieu qui puisse, à l'abri du délire, Résister à l'encens, dont il n'a pas besoin : C'est d'abord qu'il est Dieu, puis qu'ensuite il est loin.