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FORMATION DE LA TERRE

FRAGMENT

DU POEME DE L UNIVERS

"Voyez-vous, dans le ciel , sur ce sentier blanchâtre, Ces noyaux d'or qu'assiège une zone d'albâtre , Embryons nuageux d'océans et d'éclairs.

Que le temps doit porter à l'état d'univers.

Et qui peut-être un jour, pressés par cette zone Qui se serre autour d'eux en fluide couronne. Enverront voyager, sur un sillon lointain , Des astres d'avant-garde unis à leur destin?

Telle fut autrefois la terre dans l'espace, Et si quelque planète, avant elle vivace,

3i LE COUVRE-FEU.

Quand nous n'existions pas, avait déjà des yeux Pour cadastrer les airs et recenser les cieux, Elle ne fut pour eux qu'une de ces étoiles, Qu'on voit la nuit suspendre aux franges de ses voiles , Et dont l'astronomie, indiquant la couleur.

Du nom de nébuleuse a marqué la pâleur.

Abrégé du chaos, fille du roi superbe

Dont le sein bouillonnant lança, comme une gerbe.

Les astres fédérés qui composent sa cour.

Notre terre imita le soleil à son tour :

Et^ soleil subalterne, où des flots de matière

Ruisselaient, embrasés, dans des flots de lumière,

D'un surcroît d'éléments enfin se délivra*

Au céleste congrès un nouveau monde entra :

Et la lune depuis, fidèle feudataire.

Comme un flambeau d'esclave accompagna la terre.

Tel que le Dieu des juifs, quand tout fut achevé. Notre globe dès lors, moins fécond qu'énervé. S'arrêta sans produire, endormi sur sa courbe; Mais la herse du feu, qui travaillait sa bourbe.

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