LES ARBRES VERTS
Il est des arbres, fiers de leur verte couronne, Dont la feuille résiste à la mort de l'automne, Qui n'ont pas plus souci des baisers du printemps, Que des dards de l'hiver lancés par les autans. C'est le lierre, fidèle au deuil des vieux décombres, Et le morne thuya, de garde autour des ombres. Le laurier triomphal, par la gloire adopté, Ou le cyprès, qui veille à l'immortalité.
Vous dont l'œil poétique, attaché sur la terre , Lui surprend ses trésors mystère par mystère , Me direz-vous pourquoi le génie et la mort, Unis par un symbole, ont l'air d'être d'accord ; Pourquoi la même palme en ce monde étiquete Le cercueil du vulgaire et le front du poëte ?