‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 36 sur 172 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Veut-on, par cet emblème, enseigner qu'ici-bas

Le génie est un mal dont on ne guérit pas ;

Nous apprendre qu'il faut, si ce fardeau nous tombe,

Vivre à si petit bruit, qu'on croie à notre tombe;

Nous dire, par pitié pour ceux qui manquent d'air.

Qu'embarrassée ici dans sa robe de chair,

Notre âme, quand on meurt, se relève à la vie,

Et monte en souveraine au ciel qui la convie ?

Je ne sais; mais à voir ces vivaces rameaux.

Autant que nos succès ombrager nos lambeaux.

Je crains que parmi nous la gloire sans patrie

Ne puisse séparer leur double allégorie.

Comme ceux de la mort, ses bois sont toujours verts j

Mais le fruit qu'on y cueille ! il est bon pour les vers.

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