‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 40 sur 172 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

De parcourir la vie et sa carte incomplète, Sent comme un continent se mouvoir dans sa tète. Il le touche d'avance, et, sublime nocher.

Sans savoir ce qu'il est, il paM pour le chercher. Il voyage en lui-même, un rêve pour boussole. Et le monde appelé répond à sa parole.

Abrégé de l'empire, où circulent ses lois, L'homme dans la nature est-il sans contre-poids? A quoi tend sa pensée? est- elle esclave ou libre? Avec quel hémisphère est- elle en équilibre?

Sans doute jusqu'ici ce problème voilé.

Devant l'œil qui le cherche, a toujours reculé; Mais qui sait si les lois du code planétaire N'embrassent pas aussi les enfants de la terre; Si de nos actions le cours mystérieux N'est pas comme un écho du mouvement des cieux; Si nous ne roulons pas, étoiles temporaires.

Gomme ces astres d'or sur leurs chars séculaires; Si, tendant à la fois vers un centre de feu.

Nous ne décrivons pas un cercle autour de Dieu, Ck)mme autour du soleil la demeure où nous sommes? Cherchons donc, dans les cieux, de quoi peser les hommes ,

Et 9 du monde réel mesurant les ressorts , Au champ de Tintellect cherchons -en les rapports. Autour de tous les temps, Copernic de l'histoire, Gomme un compas de flamme ouvrons notre mémoire, Et de même que lui, les astres stupéfaits.

Sachons, en les classant, discipliner les faits.

Si rinstinct nous le dit, la raison nous l'enseigne : Partout autour de nous, partout l'unité règne. Quelle qu'en soit la source, et quel qu'en soit l'auteur. Tout ce que nous voyons ne connaît qu'un moteur. Celui dont le pouvoir transporte, sur nos plages. Des oiseaux d'Orient les colonnes volages.

Ou des flots du Midi les inconstants nageurs. Puis ramène plus tard ces légers voyageurs Sous l'arbrisseau natal ou l'onde paternelle; Celui dont l'influence, exactement fidèle.

Ramène du soleil à son point de départ L'astre expérimenté, qui marche sans écart.

C'est le même. C'est lui, reliant nos peuplades. Qui met le mors des lois à leurs bouches nomades; Qui, vers des bords lointains conduisant nos vaisseaux. Fait tourner ces pays sur des axes nouveaux.

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