‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 41 sur 172 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Au joug de rhyperbole asservit les comètes, Et promène ici -bas ces hommes à conquêtes, Dont les drapeaux errants voudraient tout rallier, Dont le cours excentrique est pourtant régulier, Et que j'appellerais des comètes humaines.

Oui, nous gravitons tous dans nos étroits domaines. Comme ces bataillons, ces flottes d'univers, Qui croisent dans l'espace et campent dans les airs. La main qui, crayonnant l'ellipse des planètes. Plaça sur leurs confins ces ardentes vedettes. Dont l'escadron volant les suit comme une cour. N'a pas changé de règle en nous mettant au jour. Dans un orbe assigné chacun de nous respire, Et, même en s' évitant, se répond et s'attire. Le firmament moral a des hommes -soleils.

Dont le sceptre lointain dirige nos conseils, Et la foule impuissante à rompre l'harmonie.

Se meut à son insu sous l'aimant du génie.

Idéal ou réel, les deux mondes mêlés.

Autour d'un point commun cheminent accouplés. L'intelligence enfin, miroir sacré des sphères. De leurs lois d'action réfléchit les mystères,

Et le monde idéal ^ à ces lois enchatné^ Par le monde réel circule gouverné.

Tout s'avance à la fois vers quelque but suprême , Les vivants, leur demeure, et la route est la même; Sous mille traits divers tout marche à l'unisson; Tout part d'un centre unique et n'en est qu'un rayon. Tout n'a qu'un mouvement : l'un est l'écho de l'autre, Et l'histoire ici-bas est le type du nôtre.

Gomme un vaisseau qui court sans marquer sur la mer. Le globe appareillé navigue dans l'éther.

Et pourtant le calcul, que n'aide point la fourbe. De son sillage abstrait va surprendre la courbe. Serons-nous moins heureux avec l'humanité.

Qui laisse dans le temps un sillon de clarté. Et jette dans sa fuite, aux rochers du rivage, Une voix qui s'y grave et vibre d'âge en âge?

Quand ce monde au maillot, questionnant les cieux. Les expliquait, de peur, par le nombre des dieux. Un sage, s' élançant aux sources du tonnerre. Arracha de leurs mains leur foudre imaginaire. Il osa d'un pied mâle écraser leurs autels.

Et, malgré les clameurs de ses geôliers mortels,

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