‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 42 sur 172 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Briser les murs d'airain qui fermaient la nature. A travers les écueils, semés par l'imposture, On vit Taudacieux franchir, comme un géant, Les confins enflammés de Fètre et du néant.

Aux champs de Tinfini moissonner ses paroles, En rapporter, vainqueur, la chute des idoles. Et, marquant la limite où l'homme est arrêté, Au trône du possible asseoir la vérité.

C'était beaucoup alors; mais depuis Épicure, La science a poussé plus loin sa dictature :

Ce n'est qu'en l'effaçant qu'on pourra l'égaler. L'homme est un univers, qui reste à démêler.

C'est un monde, moulé sur celui qu'il habite, Qui tourne, avec le temps, en cachant son orbite. Tâchons d'en mesurer la marche, les décours : Peut-être verrons-nous se mêler, dans leurs cours, Les annales des cieux et les phases de l'homme; Sa pensée est un ciel qui n'a pas d'astronome. Cest moi, qui tenterai ce calcul hasardeux :

Le trône de Newton a bien place pour deux!

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