LIVRE PREMIER. T
Et du ciel, un par un, déchirant tous les voiles, Franchir à chacun d'eux ces escaliers d'étoiles, Dont les paliers de feu s'éteindraient sous nos corps; L'homme aborde vivant où ne vont que les morts.
Ce rêve tout-puissant l'est encor plus peut-être. Quand, pour nous entraîner loin des bornes de l'être, La musique divine, en exil sur nos bords.
Déploie autour de nous ses spirales d'accords. Et, cherchant à rentrer dans sa source infinie. Allonge , jusqu'à Dieu , ses marches d'harmonie. Je sens tomber de moi ma poussière d'humain, Et de l'Éden perdu retrouvant le chemin, Chaque mesure y semble, ardente auxiliaire.
Poser, de place en place, un jsQon de lumière.
Je ne puis pas vous dire, ébloui que je suis. Si la terre s'éloigne, ou si c*est moi qui fuis : Je monte, et chaque note éveille, quand j'écoute. Comme un esprit de feu qui surveille ma route. Qui m'appelle tout haut sans me dire mon nom , Un ange qui m'attire, ange visible ou non.
Qui me tend, pour m'aider, ou sa maia ou ses ailes.
Ohl restez devant moi, phalanges immortelles,
Artistes inspirés, qui, pour gravir les airs,
Y. jetez, comme un pont, vos échelons d'éclairs.
Météores chanteurs, allumés dans Torage,
De vos concerts bénis prolongez le mirage,
Et, chassant les brouillards dont ce monde est couvert,
Au-dessus de ma nuit tenez le ciel ouvert.