LIVRE DEUXIÈME
Dans son petit bateau d'opale et de rubis, Sous pavillon de moire et voiles de tabis.
Rien de plus gracieux que ce léger pilote , Papillon de la mer que la vague dorlote , Qui navigue et qui croise attaché sur sa fleur; Car qu'est-ce que sa barque aux ailes de couleur! Son bordage émaillé parait d'une tulipe , Qu'une fée invisible avec mystère équipe, Pour aller déposer, sur des rives de choix, Le trésor de ses dons ou le grain de ses lois. Eh! pensais-je, un poëte, en quête d'autres grèves, Place-t-il autrement, sa cargaison de rêves?
Et plus j'examinais ce frêle gondolier, Qui semMe, du requin éclaireur familier.
Après lui, pour s'y perdre, entraîner la tempête; Et plus je me disais : Voilà bien le poëte.
Embarquant son esprit sur la foi du printemps, Et confiant aux flots, qu'ameutent les autans, Sa nef aux rames d'or, aux m&ts de pierrerie ! Et complétant le sens de mon allégorie.
Derrière le nautile et ses hardis drapeaux, Un squale dévorant nageait entre deux eaux.