EROSTRATE
Certes c*est un beau rêve à charmer notre nuit. Que ce futur triomphe où le talent conduit , Que cet espoir d'aller, moribonds que nous sommes, Vivre encore après soi dans la langue des hommes. A le bien voir pourtant, ce songe est-il plus beau, Que Tor des feux follets courant sur un tombeau ? Économe sans choix, la mémoire vivace Ouvre, au bien comme au mal, ses registres de glace, Et, gardienne du vice aux dépens des vertus.
Accorde plus de place à Néron qu'à Titus.
Météore de boue éteint par le Calvaire, La lèpre de Césars, qui commence à Tibère,
Dispute, en nos esprits, Rome à la liberté.
Que de gens n'ont pas lu ce qu'Homère a chanté, Et qui savent par cœur de quoi vivait Zoïle!
Autour de Téglantier, la chenille, qui file.
Aussi bien que la rose a sa postérité.
Quel demi-dieu bâtit le temple si vanté.
Que la triple Diane occupait dans Éphèse?
L'histoire, sur ce point, en reste à l'hypothèse; Mais elle vous dira la main qui l'a brûlé.
Un grand enseignement, à ses charbons mêlé.
Sort peut-être après tout de ce bûcher de pierre. Cet homme que l'on voit, jaloux de la matière. S'en aller, à l'affût des honneurs qui l'ont fui. Tuer un monument pour hériter de lui, Érostrate est peut-être un hardi philosophe.
Enfermant ses leçons dans une catastrophe; Du Golgotha qui germe ambassadeur païen.
Venu pour nous prouver que la gloire n'est rien; Un prophète écrivant ses arrêts dans la cendre, La nuit même, où la terre accouche d'Alexandre, Cet autre incendiaire, altéré de renom, Qui brûle des cités pour éclairer son nom.
D'un culte, encore à naître, écho comme Socrate, Aussi haut que la croix, la torche d'Érostrate
A notre aveuglement prèoiie rhumililé« Qu'importe à la Sagesse une immortalité, Qui sacre Toppresseur avec ceux qu'il opprime, Et détrône un Henfait, pour couronner un crime!