‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 64 sur 172 · LES VIVANTS ET LES MORTS · texte numérisé non relu

LES VIVANTS ET LES MORTS

Que je vous plains , ô morts, quand je songe à la vie 1 J'ai vu des malheureux, qui vous portaient envie; Moi, j'ai pitié de vous : car le calice humain, S'il est acre aujourd'hui, peut s'adoucir demain. De douleur en douleur en vain l'homme relaie, Un baiser du soleil guérit plus d'une plaie ; Mais vous, encor meurtris de vos derniers travaux. Quel rayon va chercher l'ombre de vos caveaux? Vous ne reverrez plus, quand l'orient se dore, Sous ses rideaux de brume apparaître l'aurore, Et, des balcons du ciel qu'elle vient d'entr'ouvrir, Faire signe aux jardins qu'il est temps de fleurir. Les gazons pailletés de blanches étincelles.

Le frisson des étangs sous le vol des nacelles,

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