‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 76 sur 172 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Changez deux mois de place! ils expliquent le monde : La vapeur, c'est la vie. Ardente et vagabonde, Elle insuffle notre àme aux veines des métaux, Chaîne les éléments d'accomplir nos travaux, Et fait, de la matière, un supplément de Thomme. Sûre de son pouvoir, et du nôtre économe. Elle achève, en un jour, Tœuvre lente des ans. Et, rivale de Dieu, l'est aussi des volcans.

Et quand on réfléchit que cette force immense. Qui crée et qui ravagé avec magnificence.

N'est que de la fumée, on en pâlit d'eflroi.

Vassal de cet agent, dont il se dit le roi, L'homme tremble, à part lui, que tout ce qui l'anime. Le rabaisse au néant, ou le pousse au sublime. Son àme ne soit pas davantage : un peu d'air. Un gaz aveugle et sourd exhalé sous sa chair. Qui sait, hélas! l'amour, le génie et la gloire. L'ambition, qui fait la moitié de l'histoire. Ces hauts et saints désirs, qui s'allument en nous, Et relèvent nos fronts, en ployant nos genoux; Tout ce qui nous entraine à semer sur la terre Tant de grains, dobt le germe est encore un mystère. Souvent si peu de flamme, et toujours tant de bruit. Ce qui fait que l'on fonde et demain qu'on détruit.

Peut-être tout cela n*est qu'un peu de fumée, Qui frémit, dans la tête ou le cœur enfermée, Qui veut fuir, vers le ciel, sa prison d'ici -bas, Et la fait éclater. ••• quand elle n'en sort pas.

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