‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 82 sur 172 · LIVRE DEUXIÈME. U · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. U

Oh 1 c'est fête : j'entends les blondes alouettes , Aux danses du matin inviter les fauvettes ^ Et le bouvreuil) dans Tair^ arrêtant son ami. Dire : Bcmjour, bouvreuil , avez- vous bien dormi? Et, comme on se demande ici de ses nouvelles En se touchant la main, eux 9e touchent des ailes. Dieu y Seigneur mon Dieu, que vous avez bien foit De créer la nature, où rien n'est imparfait, Que notre cœur peut-être, alors qu'il vous oublie, Et va, par les cités, s'enfiévrer de folie!

Gomme ici tout est pur, gai, souriant, serein! Oublieux du labeur, les troupeaux sans chagrin , Étendus, ou debout, sur le foin de la crèche. Causent, en déjeunant avec de l'herbe fraîche. Les maisons elles-mêmes ont l'air rose et vermeil , Et le clocher frileux, qui se chauffe au soleil, Semble, tout doucement, parler à sa lumière.

Le bûcheron travaille au bord de jla clairière, Et ses petits enfants, dans le creux du ravin, Ramassent du bois mort, pour se faire un jardin. Armé d'un Elzevir qu'il ouvre et qu'il referme. Le poète rustique erre autour de sa ferme.

Peu soucieux du monde et du bruit de nos pleurs, Lisant et regardant où rit le plus de fleurs :

Est-ce dans son parterre ou dans les Géorgiques ? Imbibé, jusqu'au cœur, de leurs parfums magiques, Il se dit : Le beau jour pour un homme inspiré I Que d'admirables vers aujourd'hui je ferai !

STil se trompe, les champs transfigurent ^es rimes. Et ses beaux vers manques paraissent tous sublimes.

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