‹ Le crâne des criminelsChapitre 1 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

hommes grossiers qui ne respectent rien, et qui mettraient à sac vos biens et à sang vos vies, si n’était la crainte des châtiments et la répression légale. Mais est-il bien sûr que ces êtres pervertis et dégradés soient venus au monde avec l’empreinte des plus mauvais instincts ? N’est-ce pas parce qu’ils sont nés dans la fange et jetés tout jeunes dans la boue des ruisseaux qu’ils ont acquis, par un contact impur, les vices qui les abaissent au-dessous de la bête ? Il y a évidemment des hommes vicieux et des femmes corrompues, encore que les unes et les autres aient été élevés dans des conditions sociales en apparence élevées. Mais là encore, outre que je ne veux point nier l’existence des mauvaises natures, on peut se demander si l’hypocrisie même derrière laquelle s’abrite trop souvent le monde dit comme il faut n’est pas la coupable. Tel homme qui a une mauvaise réputation à cause même de son indépendance d’esprit et de sa liberté d’allures, vaut cent fois mieux que tel autre chez qui le « sauvez les apparences » n’est qu’un fard à l’abri duquel se cachent l’absence de caractère, la fourberie, sinon bien des vilenies et des malpropretés.

Il faut admettre, je crois, que le criminel est le produit de la dégénérescence mentale, corollaire, tantôt de la dégénérescence physique, tantôt d’un trouble fonctionnel dans le sentir et dans le réagir engendré par une mauvaise éducation et la contagion du vice. G’est un être qui ne sait pas s’adapter au milieu dans lequel il vit. Il obéit à ses passions, à ses instincts mauvais, sans nul souci ni de la propriété ni de la vie des autres.

Ce qui flatte ses appétits grossiers, soudains, bouillants, impétueux, inendiguables, c’est sa loi. Que ses actions condamnables et répréhensibles soient d’ordre interne ou soient un produit social, peu importe d’ailleurs, Au fond, le criminel est

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