Doctrine, p
ue Ba
-d'industrié, de EUR que l’on n ‘aitjamais à à redouter “dans aucune d'entre elles ni disette ni encombrement ; 2° qu'ils le soient en raison des capacités individuelles, afin d’être mis en œuvre pER les mains les plus capables.
Telle-est la-société qui nous entoure. Elle rappelle étrangemént l'anarchie militaire du ix* siècle. Il existait dans les travaux guérriers de ces temps barbares ün esprit d’individualisme et d'égoïsme pareil à celui qui domine aujourd’hui chez les industriels ; de nos
jours,le même principe de concurrence illimitéé règne
entre les fabricants de nation à nation, de ville à
ville, d'usine à usine qu autrefois entire les guerriers
des diverses provinces, des divers cantons, de tous les châteaux...
" Je \ $ . “ < proie £ 4 cherché à soumettre leur activité matérielle à une
direction unitaire ; et que l'association féodale du
x° siècle mit un terme à la dispersion et aux luttes du rx°, en liant les seigneurs et les vassaux par une hiérarchie contractuelle de services et de protections
réciproques. Ce qui s'est produit pour les travaux
guerriers s’accomplira de même pour les éléments
actuels du travail pacifique : les germes de désordre
disparaîtront, les germes d’ordre se développeront, et l’évolution constituera peu à peu une société sys-
tématisée, unie par le lien d’une activité organisée et
marchant en paix vers une commune destinée.
Re FE ÉRrSe = = L'histoire nous montre que les sociétés ont toujours
.$ 2 — L'agent du désordre actuel ; la ARE héréditaire
Quel est ‘done V agent de dissociation que renferme le régime présent r
Quelle réforme s’ impose pour que l'humanité approche de cet âge d’or qui est devant elle, tandis qu’une aveugle tradition l’a jusqu'ici placé dans le passé, et pour qu’elle parvienne, par la décroissance constante de l'antagonisme, à se fondre en une association pacifique universelle ?
. La cause profonde et unique du désordre dans la production se trouve dans la constitution actuelle de la propriété héréditaire.
Dans notre société, la propriété embrasse, duant à son objet, les fonds de terre et les capftaux, c’est-àdire le fonds de production (1), tousles instruments d’un travail productif. Or, c’est une loi économique . - capitale, qu'aucune richesse ne peut être créée sans le secours et la présence d’une autre richesse préexis- tante jouant le rôle d’ « amorce », que, par suite, dans les conditions normales, le travail humain est stérile sans le concours du capital. Donc nul individu ne peut produire, s’il n’est propriétaire d’un de ces ‘instruments d'industrie.
Mais quel est dans l’organisation existante le sujet du droit de propriété ? Le seul titre de la propriété est la force. Peut-être dira-t-on que le titre de la con-
1e Doctrine, P. 190.
Re
quête est depuis longtemps effacé, et qu’il n’y a plus de propriété qui ne soit le fruit, au moins indirect, du travail. 4
Mais en vertu de quelle autorité, sinon de la force, le propriétaire actuel transmet-il à ses successeurs les biens qu’il a pu acquérir légitimement par son travail pacifique ? Les fils peuvent n’avoir rien de l’intelligence et de l’activité par quoi les pères se sont enrichis. Car, si les lois de l’hérédité juridique sont absolues, celles de l’hérédité physiologique sont souvent en défaut. Ils n’en seront pasmoins automatiquement investis des agents de production qu'ils ne peuvent ou ne veulent mettre en œuvre, et le capital, étant source de revenus individuels, en même temps qu'oulil du travail social, leur permettra de vivre les bras croisés au milieu de lPassociation.
Cents le hasard de la naissance peut d'un autre côté priver de tout instrument d'industrie des individus qui seraient par leurs facultés naturelles les plus capables de faire fructifier la richesse.
Voilà comment, au mépris de l'intérêt général qui est de voir se renouveler et s’accroître au maximum. la force de production, la propriété héréditaire coupe l'humanité en deux castes : l’une qui détient à jamais tout le capilal productif et qui peut cesser de travailier sans cesser de posséder le capital lucratif, l’autre qui révèle souvent dans l’ordre industriel une capacité particulière de direction et dont le manque délinitif de capitaux frappe d'impuissance la valeur créatrice potentielle,
Par leur propre intérêt, les premiers sont amenés à distribuer aux seconds les instruments dont ils sont dépositaires, car leur capital ne produit pas spontanément de revenu.
: Mais remplissent-ils cette fonction de répartiteurs à peu de frais et d’une manière favorable à l’accrois-: sement des produits industriels ?
En voyant l’abendance relative où ils vivent et leur nombre considérable, on est obligé de convenir qu'ils font payer chez leurs services.
D'autre part, il est inévitable qu'ils les rendent avec peu d'intelligence. é
Recevant leur mission du « hasard de la naissance » et restant étrangers aux travaux don ils fournissent les instruments, ils ne peuvent avoir la profonde Connaissance des rapports de la production et de la consommation et la longue habitude des rouages de l’industrie, qu'exigerait, pour être bien faite, cette distribution entre les branches d'activité, puis entre les individus.
C’est donc la propriété héréditaire qu'il faut réformer « sur les bases qui peuvent la rendre la plus favorable à la production » (1).
On objectera peut-être que la propriété est un fait -invariable, à l’abri de toute révolution morale ou légale. C’est là une idée fausse.
A. l’origine de la propriété, on a trouvé la conquête, et non le fondement mystique du droit divin
1. Saint-Simon, l’Organisateur (Œuvres, t. XX, p. 59). . Vergeot ; 6
ne
ou du droit naturel qui la rendrait intangitile. Un seul principe la régit: l'utilité publique, notion qui évolue avec le temps (1). Elle est donc un fait social, comme tous les autres variable ou mieux progressif. D'ailleurs dans l’histoire, la morale et la législation sont souvent déjà intervenues soit pour déterminer la nature des objets qui peuvent être appropriés où pour en régler l’usus et l’abusus.
. La reconnaissance du caractère social et de la variabilité du phénomène de propriété nous autorise. à effectuer dans sa constitution critiquable, racine de l’état actuel de production désordonnée et insuffi-: sante, le dernier changement devenu nécessaire en vue de la meilleure organisation de l'industrie,
NON EYE A s
&3. — Le germe actuel de l'ordre fatur : le crédit. Ses services. Ses imperfections.
$es réformes prochaines.
Au milieu du désordre qui vient d’être signalé et. dont on vient de dire la cause, on voit pourtant se produire des efforts instinctifs dont la tendance.
1. Saint-Simon, Vues sur la propriété (Œuvres, 1. XVILL, pp. 89- 90) : « De ce que la loi qui établit les propriétés est fondamentale, il ne résulte pas qu “elle ne puisse être modifiée. Ce qui est néces-saire, c’est une loï qui établisse le droit de propriété et non une. loi qui l’établisse de telle ou telle manière. :
Cette loi dépend elle-même d’une loi supérieure et Fe générale qu'elle, de cette loi de la nature dans laquelle toutes les sociétés politiques puisent le droit de modifier et de perfectionner leurs institutions. Le droit individuel de propriété ne. peut être fondé que sur l’utilité commune et générale de l'exercice de ce droit, quais qui. peut varier selon les temps. ».
j - Es 2 manifeste est d'établir l'ordre dans la: pIcEn anarchique. der “
Les corporations (1) de l’ancien régime en sont un exemple. De quelque vice qu’eHes fussententachées, elles ont eu l'effet certain d'organiser le travail industriel, puisqu'elles réalisaient les deux condi: tions de sa plus grande efficacité : en effet, l’admission de chaque nouvel entrepreneur de travaux sup: . posait que sa capacité avait été reconnue par des juges compétents, puis que des juges également compétents avaient constaté le besoin d’un nouvel emploi de bras et de capitaux dans la Doc laquelle il se destinait.
Il existe de même aujourd’ hui une industrie qui est un agent d'ordre dans le régime présent de produetion, si on lui assigne sa vraie fonction-et si on la met à même de la bien remplir ; qui est proprement le germe et «la base de la société pacifique de l’avenir » (2): c’est celle des banquiers, « industrie que l’on peut considérer comme nouvelle, attendu le: caractère particulier et le développement qu’elle à pris dans ces derniers temps » (3).
Sous l’ancienne France (4), lavant les dernières: années du règne de Louis XEV, l’activité nationale se:
S répartissait en des catégories disiinctes ; les cultiva-
teurs, les fabricants et les négociants ne formaient
r. Doctrine, pp. 198-199.
2. Sixième Enseignement d'Enfantin (Œuvres, t. XIV, p. 185). 3. Doctrine, p, 201. - 4 An ae Catéchisme des industriels, Ed. Rodrigues, p.2@
ur De
que des corporations séparées par des cloisons étanches. La protection accordée par Colbert à la fabrication et au commerce fit prendre un grand essor à ces deux branches de l'industrie. À mesure qu’elles se développaient, le chiffre des ventes faites par les agriculteurs aux commerçants ou des avances faites parles fabricants aux marchands s’accroissait ; tous entraient -en contact intime et fréquent les uns avec les autres et avaient à faire des payements ou des encaissements en beaucoup d’endroits différents. Il en résullait que le solde de leurs comptes réci= proques employait une grande partie de leur temps. «Les besoins font naître les ressources. » 11 ne tarda pas à se former une nouvelle branche d'industrie, « lPindustrie banquière », pour servir d’intermédiaire | dans tous ces mouvements d’argent, ou encore d’organe de transmission à tout cet appareil circulateur. Du fait que tous les échanges de fonds s’effectuaient par eux, les banquiers obtinrent vite un grand crédit, et, pour en tirer parti, ils-prétèrent à intérêt aux négociants et aux fabricants ; ceux-ci, jouissant d'un plus grand crédit, purent étendre leurs opérations et produire une plus grande masse de richesses. : « Lerésultat général pour l’industrie et pour la société de l’établissement de la banque, fut que la masse, ainsi que le goût des choses confortables, reçut un très grand accroissement.» -
Ainsi, dès son origine dans l'histoire, la banque a rapproché toutes les opérations économiques et toutes les formes de Pactivité sociale. |
Cie
Quel rôle devrait jouer le crédit idans notre économie actuelle, telle que la détermine notre régime de propriété ?
« Dans une société où les uns possèdent-desinstruments d'industrie sans avoir capacité ou volonté de les metitreen œuvre, et où d’autres qui sont indus- - trieux ne possèdent pas d'instruments de travail, le crédit (doit avoir) pour but de faire passer le plus facilement possible ces instruments des mains des premiers qui les possèdent dans celles dés seconds qui savent les mettre en action » (1). |
Cette fonction d’intermédiaires entre les producteurs et les capitalistes, c'est bien celle qu’en partie remplissent dès maintenant les banquiers. Par leur entremise, la distribution des capitaux s’opère à coup sûr de façon moins coûteuse et plus intelligente que par l’action directe des propriétaires.
Moins coûteuse : car, moins exposés à se tromper dans le choix des emprunteurs, ils peuvent réduire la marge représentant dans l'intérêt la prime d'assurance contre les risques de perte et procurer
aux industriels des instruments à bien meilleur
marché: 77: : ;
Plus intelligente, aussi : car, par leurs habitudes et relations, ils sont beaucoup plus en état d'apprécier les besoins des entreprises et la valeur des entrepre- neurs, que ne peuvent le faire des propriétaires
SATA Te 1 LIRE AT MI RILINS JS à
él Poluique, p°83.
*ifEnfantin} Héohioriie politique
— gé — oisifs ; l’emploi des capitaux qui passent par leurs mains est à la fois plus utile et plus équitable.
Les services rendus par la banque ne sont donc pas douteux ; cependant son organisation actuelle ne favorise pas autant qu’il serait possible la production et reproduit, bien qu’atténués, les vices du système où les possesseurs des capitaux en sont en même temps les distributeurs.
Sans doute la multiplication des banques fait offrir davantage les instruments de travailet la concurrence amène une baïsse progressive du taux de l'intérêt, donc une diminution des frais de production. Mais elles doivent verser aux capitalistes préteurs un certain intérêt et se font ensuite rémunérer leur intérvention. Ainsi la dime prélevée sur Les pro-,.. duits du travail est si forte que certaines productions peuvent devenir trop onéreuses. pour être entreprises.
.: En second lieu, sans doute la situation des banquiers leur permet d’apprécier plus justement lé besoins de l'industrie; mais ce ne peut être que d’une branche limitée d'industrie, tout au plus. Ils ne peuvent se représenter le mouvement d'ensemble de l'atelier social, ni apprécier les besoins respectifs de chaque section. de l’activité nationale, ni activer l’afflux des capitaux là où la production languit et le z ralentir ou. l'arrêter là où elle. devient -excessive.. Cela pour deux raisons : d’abord aucun d’ entre eux
n’est le centre où viennent aboutir, s enregistrer, se résumer toutes les. opérations. économiques ; puis .
gr —
une portion considérable de Factivité matérielle —
échappe à leur influence (1).
: Enfin, ils seraient plus à même que quiconque de
juger le mérite des divers industriels dans chaque
catégorie de production. Mais dans les crédits qu'ils accordent, ils se déterminent principalement sur des garanties réelles et négligent en grande partie les considérations tirées de la capacité de ceux qu'ils eréditent. |
Par leur seule action directe, les banquiers peuvent réformer notre système imparfait de crédit.
‘Il convient d'examiner, d’une façon très générale et comme abstraite, quel doit être le but des perfec- tionnements prochains, par quels moyens on atteindra à ce but.
Il ne s’agit pas de donner au crédit une autre fin que le passage des capitaux des mains des oisifs aux mains des producteurs : elle est imposée par notre organisation sociale, Il importe seulement d'opérer ce passage de la manière la plus favorable au développement harmonieux de la production industrielle. Le crédit peut et doit remplir cette fonction impulsive et régulatrice. li ne faut pas s’abuser sur sa
‘puissance virtuelle au point de lui attribuer des vertus miraculeuses: il ne crée rien par soi-même spon-
ee ho mp 6 des Satnt-Shriontens. tous les travaux agricoles Etañcnt dans'ce cas, «par suite d’une législation spéciale, qui était toute empreinte du dogme d'immobilité des CRE de l'an quité » (Doctrine, p. 204). NUE
tanémeni et directement (1). Le seul créateur, c’est le travail, aidé du capital. Le crédit ne fait que fournir les instruments au moyen desquels la richesse pourra être produite, sans lesquels tout travail serait impossible. Ces instruments, il ne les fait pas sortir du néant, il les prend où ils se trouvent ; ilopère à l’aide de valeurs déjà existantes : mais il les réalise, il les fait passer de l’état passif à l’état actif, il donne aux capitaux un emploi productif, il les anime et les vivifie. En les portant vers telle production, vers tel producteur, il permet et stimule leur effort, puisque le capital limite l’industrie ; il élève leur rendement à la hauteur des besoins du public ; quand ceux-ci sont suffisamment satisfaits, il pousse vers d’autres industries l'agent de toute production et adapte ainsi | les activités individuelles aux mouvements Ds du désir social.
Telle est la fonction excitatrice et coordinatrice ‘que peut et doit remplir le crédit (2).
Haut lui en donner les moyens, Il importe d'abord que les banques puissent à chaque moment apprécier en qualité et en quantité le besoin social, et en suivre ensuite dans le temps et l’espace les variations continuelles. Pour-cela (3);
“+. Le Producteur, t. 1, p. 18: « Prêter ou créditer n’est pas produire, c'est seulement faciliter la production ». -
2. Dans ses Principes de Sociologie, Spencer comparele crédit à l'organe qui, dans le corps humain, envoie un « supplément de matériaux » aux. parties de, l'organisme «subitement appelées à fournir. une action ‘considérable » 1Supplément. des. institutions industrielles : appareil régulateur):
* 3 Doctrine, | pp. Fe et 205.
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il faut centraliser les banques les plus générales en une banque unitaire et directrice, « qui domine toutes les autres, et puisse balancer, avec justesse, les divers besoins de crédit que l’industrie éprouve dans toutes ses diréctions », puis spécialiser de plus en plus les banques particulières, « de manière que chacune d'elles soit affectée à la surveillance, à la protection, à la direction d’un seul genre d'industrie », enfin les lier hiérarchiquement les unes aux autres. Les banques à la fois locales et spéciales renseigneraient la banque centrale sur la puissance productrice de leur circonscription et sur les besoins de la consommation dans la même région. La banque centrale serait donc d’abord un bureau de statistique : elle rapprocherait les indications sur la production actuelle et les besoins probables ; elle combinerait et «balancerait » les opérations diverses. D’autre part, elle répartirait les crédits entre les banques locales et spéciales, c’est-à-dire qu’elle leur livrerait des instruments de travail, «en donnant à chacune une direction particulière soumise elle-même à une direction générale toujours conforme au développement régulier de la production » (1), direction d'ensemble que «sa position élevée » (2) lui permet de tracer. En second lieu, pour que la généralité des travaux