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même cent millions seront bien vite épuisés ; si les moyens financiers de la banque se bornaient à cette: ‘somme, on devrait certainement réduire de beaucoup la concéption qu’on a pu se former de son grand but et de son avenir. Mais, « cette première mise de fonds épuisée, elle n’en aura que plus de moyens financiers », et cela au besoin même sans emprunts, sans nouvel apport des actionnaires, sans émission de nouvelles actions : & sa part d'intérêts dans chacune des entreprises qu’elle aura commanditées avec. le capital primitif, étant représentée par des actions au porteur, elle escomptera ses bénéfices futurs par Ja négociation de ses actions, au fur et à mesure de ses besoins pour de nouvelles commandites, substituant ainsi le public à elle-même ‘dans la comman«,. dite de ses entreprises » (1). Ajûsi la banque saintsimonienne multipliera les entreprises afin de recou- LS Ë vrer le plus souvent et le plus promptement possible la disponibilité de son capital; elle commanditera des affaires nombreuses et diverses, en souscrivant. la totalité ou partie de leurs actions, les entreposera, - puis les vendra peu à peu au public en aspirant sans + | relâche les fonds disponibles dans le pays et les ; ‘versant à la place des siens dans la commandite des” entreprises où. elle les immobiliséra.
Malgré l’ingéniosité de ce mécanisme de substitue : tion, il n’est pas douleux néanmoins que la banque ne trouverait pas dans son seul capital-actions de
1. On notera que c'est exactement le principe proclamé aujour-« d'hui par les banques d’affaires, du type de l’Union parisienne.