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qu'il fallait que la société eût une existence indéperidante de celle de ses gérants, ainsi qu’on l'avait reconnu déjà pour les canaux et les chemins de fer. Dans l'espèce, ou se heurtait à une difficulté adminisirative : le Conseil d'Etat, fidèle à une jurisprudence traditionnelle, n’admettait- l'anonymat que pour les banques organisées sur le modèle de la Banque de France, en vue d'opérations excluant tout aléa présumé, ne laissant place à aucun de ces risques que pourrait aggraver la mauvaise foi d’administrateurs à- responsabilité limitée.
Il existait cependant bien en Belgique et en Hollande (1) des sociétés analogues, quoiqu'aux visées moins étendues et surtout moins bien précisées.
Toujours est-il qu'il fallait le concours du gouvernement, non pas-pour aider- l’entreprise, mais pour autoriser la fondation de la société anonyme qui devait l’incarner, et que le décret d’approbation ne serait rendu qu’au cas d’un renversement absolu des errements habituels de la juridiction administrative.
Ce décret fut cependant obtenu. On devait ce premier succès à ce que le régime politique nouveau trouvait son intérêt dans la création de ce nouveau régime bancaire. | «
: H faut d’abord reconnaître que le Président à vie avait une certaine communauté d’idéal avec. ces. réorganisateurs du crédit. Sa, bonté naturelle Sympathisant aux souffrances du paupérisme, son désir
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d'accélérer au proñt de tous le progrès matériel, sa volonté un peu chimérique de fraternite internatio-
nale, en faisaient le souverain le plus propre à insti-
tuer celte sorte de bonapartisme industriel qu'avait appelé de ses vœux l'Ecole enfantinienne. Napoléon II, comme le dit M. Weill, ce fut, au moins pendant quelque temps, le Saint- Simonisme cou-
ronné (1).
En dehors de ses sentiments personnels, le Prince- .
Président, puis l'Empereur était poussé par la nécessité politique à autoriser la tentative bancaire des /Saint-Simoniens. Il craignait, à tort ou à raison, l'hostilité des anciennes puissances financières et que ces puissances ne vinssent à accaparer les nombreuses entreprises industrielles vers quoi il désirait voir se porter l’activité de la France ; d'autre part, il ne se sentait pas trop assuré de leur appui, au cas où cet appui lui deviendrait à lui-même nécessaire,
Aussi devait-il se montrer assez favorable à ce projet de grand établissement de crédit qui devait à la fois l’affranchir de cette sujétion vis-à-vis la haute banque et lui subordonner dans une certaine mesure les sociétés nées ou à naître,
En dépit de leur passé de publicistes qui les faisait toucher aux partis avancés (2), les Pereire collaborèrent. Ro avec le nouveau gouvernement,
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