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| — 169 — l'appui de l'alliance anglaise, on pouvait redouter que l'Autriche et la Prusse ne se joignissent à la Russie, C’est au milieu de cette atmosphère orageuse que le Crédit mobilier dut inaugurer le fonctionnement délicat de ses opérations.
Après la phase d’hostilités non ouvertes, la France et l'Angleterre déclarèrent la guerre à Nicolas [°*: les 27 et 28 mars 1854, et le premier corps d'armée. envoyé au secours de la Turquie campait déjà à Galata, lorsque se réunit à Paris la première assemblée générale de la société (29 avril). Contre toute attente, l’année 1854 fut pourtant assez prospère. La campagne localisée à la Crimée eut cet avantage imprévu de fournir au commerce et à l’industrie de
vastes débouchés. Le choléra même qui ravagea la France passa, si l’on peut dire, presque inaperçu : “on se grisail de la victoire de l’'Alma, malgré le | mécompte de la fermeture consécutive des portes de Sébastopol, et, tandis que le corps expéditionnaire peinait cruellement dans ce siège où les assaillants - furent plus héroïques que les assiégés, Paris se con- -sacrail à la préparation fébrile de l'Exposition uni- verselle de 1855.
Mais, sous ces dehors brillants se cachait une véri- ‘table gêne, compliquée d'une crise agricole due à l'insuffisance de la récolte et aux ravages de l’oïdium. La place de Paris, en particulier, fut vivement secouce par la chute de la maison Leroy de Chabrol, banque-légitimiste dont la elientèle se recrutait surtout dans le petit commerce. La rente subit des
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soubrésants de la . de jan« vier au 7.javril, elle perdit plus de 11 points ; ‘du, 7 avril «au 8: novembre, les espérances de paix lui firent gagner. 15,20 ; jusqu’à la fin de l'année elle, . retomba progressivement de 9,70. -
- L'année 1855 fut marquée par la mort du tsar Nicolas et par les brillants faits d’armes des troupes impériales qui. amenèrent Alexandre IL à recevoir la paix, selon le mot du comte Orloff. Le voyage de l'empereur à Londres, la venue de la reine d’Angleterre, la grande Exposition pour laquelle on construisit Le. Palais de l'Industrie, tout cela provoqua une activité prospère el affermit la confiante en une ère de développement économique.
: Lorsque l’Assemblée générale se réunit en 5866 le: présent était lumineux et l’avenir promettait ue récolteau moins égale à celle du passé : le traité de Paris avait équitablement mis fin à la guerre, avee des déclarations philosophiques sur l'arbitrage international, au nom de la Très-Sainte-Trinité, repDouvelées. du traité de la Sainte-Alliance de 1817, mais «libéralisées ». On se reposait sur des lauriers eton caressait une fois de plus le rêve de la paix perpétuelle dans la plus rassurante des fraternités. Le soulagement général détermina, pour ainsi dire, un délire d’activité : les forces du marché se disséminèrent en une foule de sociétés en commandite par. actions, dépourvues de vitalité, qui introduisirent Je désordre, la: confusion et la méfiance à la Bourse, |
ce qui, créa un étataigu et, au 1 milieu de e l'abondance =
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des capitaux,une disette d'argent telle que ka Banque de France sollicita l'établissement du cours-forcé de ses billets (1); ce fut grâce à l'intervention d'Emile Pereire auprès de l'Empereur qui se trouvait alors à Biarritz que l’on évita cette mesure désastreuse. : La situation ne s'améliora pasen 185 : l'embarras était univérsel ; on avait fait plus d’affaires que la capacité des portefeuilles n’en comportait, Les autres places européennes n'étaient pas entrées dans ce mouvement vertigineux avec le même élan que celle de Paris, faute d'éléments suffisants ; car, en France, le merveilleux outillage, mis par les chemins de fer à la disposition de la te es une production apte à pourvoir à tous les besoins et à exporter des excédents. Le développement du commerce français d’ exportation avait pour contre- -partie “une disette de capitaux qui n ‘aurait pu :s’atténuer que par une extension des instruments de crédit. Le gouvernement, müû par d’excelleñtes intentions,mais mal inspiré, prit les choses à rebours et fit le vide là où il voulait et devait établir la symétrie. IL encouragea les pamphlets des Ponsard (La Bourse) et des de Vallée (Les manieurs d'argent)(2) contre les spé- - çulations financières : il institua un droit d'entrée à : la Bourse, tracassa la coulisse qui comptait alors 250 maisons de banque avec un ensemble de capi-
1. On n’a pas trouvé confirmation du fait dans les rapports de la Banque de France ; cela se conçoit de reste.
».Voir dans le Moniteur du 29 juin 1856 la lettre de Napoléon III à François Ponsard ; Oscar de Vallée fut de même autorisé à
faire figurer une lettre du souverain en tête de ses éditions. ‘ : Lé
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taux de fondation s’élevant à 125 millions, imposa enfin aux valeurs mobilières un droit de transmission devant entraver les négociations (1).
L'atonie des affaires ne persista pas cependant trop longtemps et l’année suivante marqua une reprise. L’attentat du 14 janvier,les démarches faites par certains chefs militaires pour engager le gouvernement à venger sur l'Angleterre le crime d'Orsini qui y avait été conçu, avaient d’abord effrayé l’opinion en Europe; mais on fut rapidement rassuré par l'attitude calme du souverain, et l’entrevue de Cherbourg avec la reine d'Angleterre fit renaître la confiance et, « mettant fin aux inquiétudes publiques, rendit à l'économie l’activité qu’elle avait perdue ». Mais l'attentat avait fortement impressionné l'Empereur; ilredoutait constamment la conspiration permanente dont cette lentative n’avait été qu’une manifestation et dont le but apparent était de favoriser l'indépendance et l'unité de l'Italie, Il pressa les conversations engagées dès juillet 58avec Cavour et, poussé par l’opinion libérale en France et dans le monde, se mit en mesure d’acquitter la traite que ses anciens compagnons de cabonarisme avaient tirée sur lui. Commencée en avril 1859, terminée le 3 juillet, la campagne d’ltalie, courte et glorieuse, n’ébranla qu'un instant la prospérité renaissante. Lc retour des troupes victorieuses, la paix définitive de Zurich, l'accession de la Savoie et de Nice, la