‹ Le cretin de la montagne drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 44 sur 120 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MARIETTE

Puisque l’incouuu était enveloppé d’uu manteau.

» ANDOCHE

Puisqu’il était enveloppé d’un manteau.

BAUDRIER

On a ordonné des recherches, on a confronté avec elle plusieurs individus suspects; dans aucun d’eux elle n’a reconnu l’homme de l’auberge.

castalou.

Tout ça, voyez-vous, c’est des histoires inventées par elle pour dérouter la justice et sauver son père, (se détournant vers les paysans.) C’est ben naturel, après tout, pas vrai?. .

LES PAYSANS

Oui... ouil...

ANDOCHE

Mais, enfin, c’tte bourre?...

BAUDRIER

Quoi, c’tte bourre?

MARIETTE

Certainement, la bourre du fusil ramassée au Pie-d’Enfer par Claude-Marie...

CASTALOU, riant.

Ah! ali!... Claude-Marie!... un idiot!... Quelle confiance qu’on peut avoir dans son témoignage?...

BAUDRIER

Un être totalement dépourvu d’intellecte et à’inducntiou Quand je l’ai amené z-hier à l’audience pour témoigner, ou n’a pu tirer de lui que des balivernes qui ont fait rire l'insistance, et v’ià tout.

MARIETTE

Oui; mais cette bourre, ce papier à moitié consumé, qu’on a trouvé en sa possession, provenait d’un livre de calcul... et portait un numéro... le numéro de la page 7...

CASTALOU.

Eh ben, après?

MARIETTE

Eh ben 1 on a fait faire des perquisitions à l'auberge île Pujol, et on n’a trouvé aucun livre de ce genre-là.

CASTALOU.

Bah! un papier imprimé... une feuille lafiante... ça ne pouvait -il pas avoir enveloppé quéqu’ chlfe qu’il avait acheté?...

BAUDRIER

Ou ben avoir été laissé chez lui par quéqu’ voyageur?... Dans une auberge, il passe tant de monde!...

CASTALOU.

Enfin, la belle enfant, si Pierre Pujol n’a pas d’autres raisons à donner pour sa défense... je le plains.

BAUDRIER

Son affaire est toisée..

ANDOCHE, qui regardait au fond, à droite.

Chut!... Y’ià main’selle qui vient par ici... •

TOUS

Jeanne!...

MARIETTE, regardant.

Pauv’ fille !... Conune elle est triste et abattue !

andochk.

Rien que cl’ la voir, ça fend le cœur !... (En ce moment la porte du tribunal s’ouvre, et un gendarme parait sur le seuil.)

CASTALOU.

Hé ! dites donc... v’ià qu’on ouvre les portes !...

LES PAYSANS

Ah!... enfin! Entrons!... entrons!... (ils se précipitent vers l'es-

calier. )

L’audience ne va pas tarder à commencer. . faut que j’aille à mon poste... (offrant son bras à Mariette.) Venez-vous, jolie future?...

MARIETTE

Un instant. Placide... je suis à VOUS. (A Jeanue, qui est arrivée lentement, très-pâte et la tête baissée.) Voyons, mam’selle Jeanne, ne vous affligez pas comme ça!... Tout ira bien... vous êtes de braves gens, et le bon Dieu ne vous abandonnera pas!

ANDOCHE, qui s’est aussi approché d’elle.

Oh! non!... oh! non!... mam’selle!...

JEANNE, leur tendant la main.

Merci, mes amis, merci!...

BAUDRIER, qui s’est arrêté au fond.

Eh bien, Mariette?...

MARIETTE

Me Voilà!... (Prenant la main de Jeanne.) Au revoir!... Je vais à l’audience... Allons, du courage, et bon espoir!...

ANDOCHE

Oui... oui, bon espoir!...

MARIETTE, prenant ie bras de Baudrier.

Marchons !... ^ Elle monte l’escalier avec lui, en faisant un dernier signe d'affection à Jeanne. Andccbe monte aussi et entre au tribunal , derrière les paysans qui out opéré leur sortie pendant la fin de la scène.)

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