SCÈNE III
Les MÊMES, MARIETTE et d’autres JEUNES FILLES. Elles portent le costume des montagnardes, la jupe rayée blanc et noir, la capuche rouge.
MARIETTE, à Baudrier.
Eh bien 1 qu’est-ce que je vois? Vous buvez? Je vous l’ai défendu.
Mais... ,
baudrier.
MARIETTE
Taisez-vous, Placide... et posez votre verre ! Qu’est-ce que C’est doue que Ce genre-là? (Baudrier obéit.)
ROUSSEL, à lui-même.
Que les femmes sont heureuses ! Elles n’ont pas peur des gendarmes!
MARIETTE, lovant Roussel.
Tiens! le Prohibé! Est-ce que vous venez ici pour mon mariage? Car j’épouse M. Placide dans deux mois.
BAUDRIER, gravement.
Placide, c’est moi !
ROUSSEL
Petite ambitieuse, allez!... Vous voulez donc être brigadière?...
MARIETTE
Qu’est-ce que vous voulez! J’ai dix-huit ans... faut bien faire une tin!...
« ROUSSEL
Et garderez-vous votre place à la forge de M. Caussade?
MARIETTE, faisant la moue.
Ma place de pointeuse? Merci bien... Être occupée dès six heures du matin à pointer des journées d’ouvriers... et tout ça pour gagner dix écus par mois?. ..Oh! pas si niaise! D’aiP leurs, quand je serai mariée, j’aurai à m’occuper de mon mari, de mes enfants...
BAUDRIER, avec amour.
Oh!
MARIETTE, lui donnant une petite tape sur les mains.
Eh ben ! Placide, taisez-vous ! D’ailleurs, voici mademoiselle Jeanne !
ROUSSEL, à part, avec émotion.
Jeanne !