ACTE TROISIÈME
à dire, cela!... (Haut.) Mademoiselle, vous méritez d'être aimée, d’être adorée... mais...
50ÉMI.
Mais?...
PAUL
Pardonnez-moi ma franchise, mademoiselle, je suis un soldat... et je ne sais pas mentir.
NOÉMI
Eh bien, monsieur... achevez!...
PAUL
Eh bien, mademoiselle... je ne puis avoir d’amour pour vous.
NOÉMI
Comment?
PAUL
. J’en aime une autre.
NOÉMIE
Une autre... (Apart.) Ah ! mon Dieu! et moi... qui croyais... (Haut.) Mais, alors, monsieur... pourquoi donc avoir demandé ma main?
PAUL
Mon père exigeait ce mariage... En le rompant, je m’expose à sa colère... mais je resterai fidèle à la pauvre Jeanne, que tout le monde repousse. •
NOÉMI
Jeanne?... C’est Jeanne que vous aimez?...
PAUL
Depuis l’enfance... Et si je l’oubliais, maintenant qu’elle n’a plus que moi... Oh! j’en suis sur, mademoiselle Noémi, vous ne m’estimeriez pas.
NOÉMI
Monsieur Paul, vous avez raison; on ne doit pas oublier les malheureux... on ne doit pas les abandonner. Loin de vous en vouloir, je vous remercie, au contraire, de votre franchise... Vous êtes un loyal et noble cœur... Si j’avais un frère, je voudrais qu’il vous ressemblât... Voulez-vous être le mien? (Elle lui tend la main.)
PAUL
Oh ! do grand cœur 1
NOÉMI, en souriant.
Quant à un mari... eh bien, j’ai dix-huit ans... je suis gentille... Qui sait? je trouverai bien quelqu’un qui m’aimera!...
PAUL
Oh! n’en doutez pas!...
NOÉMI
Ainsi, c’est bien convenu... nous voilà frère et sœur... Et, quant à la colère de votre père, ne craignez rien... je me charge de tout...
(iO
Comment?...
PAUL
NOÉMI, mettant un doigt sur sa bouche.
Silence!... on vient!