‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 10 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

la Silesie aatrichrenne et dans les provinces baltiques de la Bussie (Messedaglia). Mais ici, éclat© l'influence des mœurs ; ^tien plus que celle de la race; car chez les peuples où la femme est instruite comme Thomme, en Silesie, dans les Baltiques, par exemple, où elle prend part aux luttes viriles, elle fournit un chiffre de criminalitô qui se rapproche davantage de <3elui de l'homme.

On peut en dire autant de la plus grande criminalité que l'on observe surtout chez les adolescents dans les pays germaniques de l'empire d'Autriche, particulièrement à Salisbourg, Autriche, en comparaison des Slaves et des Italiens, de la ■Gorice, du Tyrol, de la Carinthie (MessedagUa).

5- — Italie. — En Italie, relevant pour 1880-83 les homicides «impies (avec les blessures suivies de mort) et les homicides •qualifiés (avec les vols sur les grands chemins suivies d'homi- -cide) dénoncés dans les diverses provinces et d'après les données recueillies dans le mouvement de la criminalité de 1873 A 1883 (Bodio. Rome, 1886) nous trouvons (PI. I) :

Région de riialie

(et population présente

ao 3â décembre 1881)

Piémont (3.070.250) Ligurie (892.373) Lombardie (3.680.615) Vénétie (2.814.173) Emilie (1.706.817) Romagne (476.874) Ombrie (572.060 Marche (939.279) Toscane (2.208.869) Latium (903.472) Abruzzes (751.781) Molise (365.434) Oampanie (289.577) Pouille (1.589.054 Basilicata (524.504) Calabres (1.257.883) Sicile (2.927.901) Sardaigne (682.002)

Homicides dénoncés pour 1 million d'habit. Homicides simples Homicides qualifiés et blessures saivies et vois sur les grands de mort chemins avec homicide

32 CHAPITRE m

On voit qu'il y a une prédominence évidente parmi les populations de race sémitiques (Sicile, Sardaigne, Calabres) et de racelatine (Latium, Abruzzes), comparées à celles de races Germaniques, Ligures, Celtiques (Lombardie, Ligurie, Piémont) et Slave (Yénétie).

En effet, outre les principaux éléments ethniques primitife des Ligures au nord, des Ombres et Étrusques au centre, des Oscis au sud; outre les Sicules d'origine ligure, en Sicile ; les races qui concoururent le plus à déterminer le caractère ethnique des différentes régions italiennes furent les Germaines^ les Celtes et les Slaves au nord; les Phéniciennes, les Arabes,. les Albanaises et les Grecques au sud et dans les îles (Ferei^ op. eit,).

C est aux éléments africains et orientaux (les grecs excepté) que l'Italie doit l'origine de ses homicides si nombreux en Calabres, Sicile et Sardaigne, pendant que la moindre fréquence est due à la prédominance des races Germaniques (Lombardie).

C'est un fait clairement démonti-é par quelques oasis où ces crimes sont plus ou moins fréquents, et qui sont dans une trop singulière coïncidence avec la spécialité ethnique de ces pays.

Nous en avons une autre preuve en Toscane, où la fréquence minime de Sienne (3,9 sur 100.000 hab.), Florence (4,3) et Pise (6,0, est en contraste frappant avec l'intensité à peu près double de Massa-Carrare (8,3), Grosseto (10,2), Lucques (11,9) et l'intensité triple d'Arezzo (13,4), et surtout de Livoume (14,0) (PL I, 3 e 4).

Or, outre les conditions spéciales de vie que créent les mines à Massa-Carrare et les maremmes à Grosseto, l'injBuence ethnique (écrit Ferri) est incontestable (1) dans la province de Lucques, qui se distingue du reste de la Toscane par la taille élevée, la dolicocéphaUe de ses habitants (prépondérantes aussi à Massa-Carrare) et la plus grande tendance à l'émigration : et j'ajouterai l'influence des rebelles Ligures

(1) LoMBROso, SuU' antropomeiria délia Lucchesia e Ooffagnafia ; Kome, 1895.

Pl-ANCHB III.

GEOGRAPHIE DU CRIME

rANTlCA PROV. ROMÀNA: i) Alpes MaritU met • s) Var - 3| Droroe • 4).Vftuclttse • S) Bouches du Rhône • 6) Gard • 7) Hérault - 81 Ande • 9) Pyrénées Orientales* AQUITAMIA: 10) Ariège • 11) H. Garonne • la) Tarn Garonne • i3) Lot Garonne • 14) Gers

• i5) H. Pyren • 16) B. Pyr^n • 17) Landes

• x8) Gironde • 19) Charente infér.

BASSA LOIR A : ao) Vendée • ai ) Dena Sèvres

• aa) Loire inf. • a3) Maine Loire - a4) Mayenne • aS) Sarthe.

PIP. CIMRICl : a6) Nord • 87) Pas de Calais • 98) Somme • ao) Oise • So) Aisne . 3i) Ardennes • 3a) Marne - 33) Seine Oise • 84) Seine Marne - 35) Aube - 36) Haute Marne

• 87) H. Saône • 38) Doubs • 89) Jura • 40) Cote d'Or.

]DIP. ClMRlCl GERMANIZZÂTl : 41) Meuse

• 4a) Meurthe et Moselle • 43) Vosges. JNORMANDIA : 44) Manche • 4S) Orne • 46) Calvados • 47) Eure • 48) Seine Inférieure.

fOlP. CIMCELT. di CONFINE: 49) Eure et Loir • 5o) Loiret - 5i) Yonne • Sa) Nièvre

• S3) Saône et Loire • 64) Rhône • 55; Ain - 56) Isère.

,C£NTRO: 57) Loir-Cher • S8) Indre-Loire • 59) Indre • 60) Cher • 61) Vienne • 6a) Charente • 63} H. Vienne • 64) Creuse • 65) Allier • 66) Dordogne - 67) Conrèze - 68) Puy Dôme • 69) Loir» - 70) CanUl • 70 H. Loire • 7a) Lot • 78) Aveyron • 74) Tarn • 7!!) Lozère • 7^ Ardècbev

JBRETAGNA : 77) Finistère • 78] Côtes Nord • 79) Morbihan - 80) lUe et Vilaine.

81J Hautes Alpes • 8aj Basses Alpes - • ALPl^) Haute Savoie - 84)SAVoIe 85) Seine

L35j Relions éihniques de la France et ses départemenu.

[34J liouiicides - Assassinais - FarriciUes Bmpoisonnemenls • Blessures suivies de mort.

PRffifmtB PARTIE 33

uitiques, qui tant de fois se rév^èrent etmite la domlDation de l'empire Romain; mais riafineace #lbnq|ae est surtout évidente à Livoume, dont on connaît Vongim»

Village marécageux au xvi siècle, avec 749 habitants en 1551, ses premiers habitants furent tes Libwmes c peuples de rillirie, inventeurs des galiotes libumes et insignes pirates, à qui vinrent â'^youter les Sarasins, les Juifs et les Marseillais » , vinrent en suite des aventuriers et ifes pirates, qui y tarent appelés par les Médicis (1).

livoume, qui de 1879-83 donna la proportion plus élevé pour toute l'Italie du total des crim^es déno»eés, donne également, en comparaison de la Toscane, y compris Ârezzo, des chiffres plus élevés d'homicides qualifiés et €fe rébellions ainsi que de vols qualifiés (PI. II, 6).

Ce fait ne peut être déterminé par l'éxagéïation de la grande densité; car sa densité (355 h. chaque kilonar. e.) est égale à Milan (355) et de beaucoup supérieure à Naples (1149) ; il n'est pas dû non plus à une plus grande agglomération de la population urbaine, car cette dernière est à Naples le 94 % de la population de la commune, à Milan le 92 % ®* ^ Livourne le 80 7oî seulement, cependant, les rébellions et les vols qualifiés sont beaucoup plus fréquents.

On observe un autre contraste très significatif dans la partie méridionale de la péninsule (PL III), où le relevé des homicides simples enregistre des régions avec une intensité supérieure dans les provinces de Campobasso, Avelline, Cosence et Catanzaro, et des oasis où la firéquence est bien moindre dans les provinces de Bénévent, Saleme, Bari et Lecce, en comparaison des provinces voisines de Aquila, Caserte, Potence, Reggio et surtout de Naples, où la puissance criminogène du milieu social devrait être beaucoup plus forte (PI. L 3, 4; II, 1, 2).

Maintenant, il est difficile de ne pas relever un rapport de causalité entre la présence des colonies atbaniûses, conmie

(1) LoîCBKOso, Trappo presto; 1889.

LOMBROS-) -~ III. 3

34 CHAPITRE m

facteur ethnique du plus grand nombre de crimes de sang, dans les provinces de Cosence, Catanzaro, Campobasso. C Réciproquement la moindre intensité des homicides simples à

, R^ggio, et surtout dans la province de Fouille (Bari et Lecce),

1 dépend en grande partie de l'élément groc, si Ton pense à

j Tantique Magna-Grèce (qui concourt aussi à expliquer la

I moindre intensité de Naples), et en suite aux colonies Grecques

j venues durant et après la domination bizantine ainsi qu'aux

précédentes émigrations des Japiges-Messapiens : « Encore aujourd' hui la physionomie de la plupart des natifs de ces provinces rappelle ce type, d'où transparait la tranquille douceur du caractère * (Nicolucci) (1). Ajoutons encore l'influence ethnique de l'occupation Normande.

Quant à la moindre intensité si remarquable d'homicides simples à Bénévent et Saleme, il est impossible de ne point rappeler l'élément longobard qui y domina pendant si longtemps (duché de Bénévent et Saleme), au point de pouvoir résister, dans quelques endroits, à la puissance assimilatrice des Italiens et conserver jusqu'à C3 jour quelques uns de ces caractères I (taille élevée, cheveux blonds, etc.), qui frappent au milieu

des types indigènes de la péninsule (Ferri).

L'influence bien différente du sang albanais, hellénique et longobard, dans ces oasis de la criminalité se confirme par la répartition des homicides qualifiés et des vols sur les grands chemins suivis d'homicide. En effet, si on excepta Saleme et Reggio, qui donnent des chiffres relativement plus élevés, nous avons Naples qui, grâce au sang grec, malgré la grande agglomération de population et la misère, donne pour les homicides des chiffres très bas, pareils à ceux de Bari et Lecce. La Sicile offre également un exemple frappant de l'influence ethnique sur l'homicide. Les provinces orientales de Messine, Catane et Siracuse, ont une intensité d'homicides simples et qualifiés (PI. I, II) de beaucoup inférieure à celle des provinces de Caltanisette, Girgente, Trapani et Palerme.

(1) Mnografia dell'Italia, 18S0.

ce), î à la es

Planche IV.

GEOGRAPHIE DU CRIME

VENEFICIO (EMPOISOIfHEMEIfT). ASSISE

I — I - 0, - . (p. 1 mnione d'ab.) lîCT «Otto 0, se

I oitre 1. 1

PREMIERE PJUITIE 35

Or, Ton sait que la Sicile, si dififérente par le caractère de ^es populations de la voisine péninsule méridionale, en grande partie aussi par les nombreux éléments septentrionaux (Van- «dales, Normands, Français) qui V envahirent et la dominèrent, présente sur ses côtes orientales une prédominence <l'éléments helléniques, qu'il est impossible de ne pas rapprocher de la moindre intensité d'homicides de ce versant ^comme pour la province de Fouille), et une supériorité d'éléments sarasins et albanais dans la partie méridionale et septentrionale, qui certainement concourent à y déterminer une plus grande intensité d'homicides.

Reclus écrit: « Au siège de Palerme par les Normands •(1071), on parlait en Sicile cinq langues : arabe, hébraïque, grecque, latine et sicilien vulgaire. L'arabe resta la langue •dominante, même sous les Normands. Plus tard, les Français, les Allemands, les Espagnols et les Aragonais contribuèrent à faire des Siciliens un peuple divers de ses voisins d'Italie, par l'ajustement, les mœurs, les habitudes, le sentiment national. La diJBFérence entre les populations siciliennes est très grande, suivant que cette race ou cette autre l'emporta dans le croisement. Ainsi les habitants des provinces Etnee^ qui sont sans ■doute d'origine hellénique, la plus pure des grecs eux-mêmes, parce qu'ils ne sont pas mélangés avec les Slaves, ont une excellente renommée de bonne grâce et de douceur. Les Palermitains au contraire, chez lesquels l'élément arabe eut plus d'influence que partout ailleurs, ont en général les traits graves et des mœurs dissolues > (Ferri, op. cit,),

La criminalité de la Sardaigne est également caractéristique, soit qu'on la compare avec celle du continent et surtout de la Sicile, soit par le contraste presque constant entre le Nord (province de Sassari) et le sud (province de Cagliari) (PI. I, 4; II, 7, 5). Ethniquement, la Sardaigne se différencie de la Sicile parce que depuis l'antiquité la plus reculée, et en suite à l'époque de Carthage « les Phœniciens eurent en Sardaigne un plus grand empire et une plus longue domination qu'en Sicile » , de sorte que même de nos jours, le crâne de nos Sardes con-

3& CHAPITRE m

serve en partie l'aBcien type du crâne phénicien (dolicocéphale). Les déments sârasins eurent en Sardaigne une bien moindre prédomioence, d'où Ton a les deux colonies Barbaricmi dans les Barbagies (province de Sassari) et les Maureddi près d'Iglesias (province de Cagliari) (1).

Cette différence ethnique concourt certainement à déterminer en Sicile la plus intense criminalité moyenne contre les personnes (malgré l'infériorité des provinces orientales) et par contre la plus grande criminalité moyenne contre la propriété on Sardaigne. En comparant, par exemple, la Sardaigne avec la Sicile (PI. I, 4; 11, 7, 5) on voit le saUlant contraste des deux îles dans l' intensité des homicides simples qui se confirme encore davantage pom* les blessures volontaires ; et si, pour les homicides qualifiés, la Sicile donne en total une proportion) moindre, grâce aux chiffres minimes des provinces orientales,, la proportion totale cependant de tous les crimes contre les personnes, y compris les homicides simples et qualifiés et les vols sur les grands chemins suivis d'homicides, est beaucoup» plus élevée que celle de la Sicile.

Au contraire dans les crimes contre la propriété, la Sardaigne (par suite de la prépondérance du sang sémite) surpasse de beaucoup la Sicile, spécialement dans les vols qualifiés et dans les crimes contre la bonne toi publique, tandis que dans les crimes violents contre la propriété, tels que vols sur les grandes routes, extorsions et chantage, la Sicile reprend une certaine supériorité (PL 11, 6).

iUn Sardaigne, il y a en outre, dans la criminalité des deux provinces de Sassari et Cagliari, un contraste qu'on obsene déjà dans le type des habitants aussi bien que dans les mamifestations de leur vie économico-sociale.

Le nord a Tagricolture et l'industrie plus développé, le sud possède les mines près de Cagliari, Iglesias, etc.

Ethniquement on sait que la provincie de Cagliari est plus décidément phénicienne, pendant que dans celle de Sas-

(1) NiooLUCci, Btnografia delTItalîa,

PBKMIEBE PARTIE

«ari domine rélôment espagnol (colonie d'Alghero) et cela <M>neourt sans doute, avec les condititions économiques, à déterminer la plus grande fréquence des vols qualifié, des crimes •contre la bonne foi publique, dans la province de Cagliari, et la plus grande intensité des homicides simples et qualifiés et -des vols sur les grands chemins avec homicide, dans celle de Sassari (Fkrri, op. rit.) (PI. II, 6, 5).

Un autre exemple concluant de rinfluence ethnique nous -est offert par la criminalité de la Corse qui, comme on sait, «enregistre en France le maximum des crimes de sang (exception faite de Tempoisonnelnent et de l'infanticide), pendant que dans les vols elle donne des chiffres très bas.

En comparant le nombre des personnes jugées pour homicide en Corse de 1880 à 1883 avec celles jugées dans les régions de l'Italie, qui donnent la plus grande intensité, on obtient les données suivantes:

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