CRIMES
Personnes jusées en 1880-88 par les oonrs
(moyenne par 100,0M habitans).
Corse
Sardaigne
Sicile
Calabr.
Molise
(Campobasso)
lloiuicides simples et blessures suivies de mort ....
Homicides qualifiés et vols sur les grands chemins suivis d' homicides
Ce qui signifie, que bien qu'elle soit politiquement fran- •çaise, la Corse est italienne aussi bien par la race que par la criminalité, et même, observe Eeclus: « De la Sardaigne •et de la Corse, îles entre elles un temps unies ; c'est précisément la Corse, maintenant française, qui est la plus italienne par sa position géographique comme par ses traditions historiques ».
38 CHAPITRE ra
Si bien que les difFôrences si tranchées entre la criniinalitô corse et la criminalité sarde s'expliquent en grande partiepar des raisons ethniques qui sont en suite confinnées par la grande ressemblance qui existe entre la criminalité de la Corse et celle de la Sicile. En effet dans la Sicile prédominèrent sur tous les autres, les éléments Sarrasins, plus féroces qu'avides,^ qui eurent justement une grande influence dans la Corse. On sait que « aux anciens habitants (Ligures, Ibères ou Sicani,. suivant quelque uns) succédèrent les Phocéens et les Romains, mais surtout les Sarrasins jusqu'au xi siècle, après lesquelsvinrent les Italiens et les Français » (Nicolucci).
C'est donc au sang Sarrasin que la Corse et la Sicile (et en partie les Calabres) doivent leur intense criminalité homicide^ jointe à une moindre délinquance contre la propriété.
G. — Rares françaises, — Un coup d'oeil jeté sur les Planches. IIP et lY® que nous donnent la France par race et par crime^ nous apprend que c'est à la distribution des races ligures et galliques que correspond le maximum des crimes de sang.
Mais nous trouvons des preuves plus détaillées de l'influence ethnique en étudiant dans les documents cités les départements qui dépassent la moyenne des assassinats etc., suivant la race. Nous voyons alors que la tendance à l'assassinat va croissant à mesure que l'on va des départements ayant une» population de race cimbrique (1 sur 18 zz 5,5 '^^^) aux départements de race gallique (8 sur 32 rz 25 '^1^, de race hybé^ rique (3 sur 8 =z 35 ^ q), de race belge (6 sur 15 zz 40 ^' ^) à la race ligure, où elle rejoint son maximum absolu (100 %).
Quant aux viols, ils vont en augmentant à mesure que l'on va des départements avec populations de race hyberique (2" sur 8 zz 25 7o) ^ ^^^^ ^^ i'^^® cimbrique (G sur 18 zz 35 ^o)*^ de race belge (G sur 15 zz 40 ^ \^, galUque (13 sur 32 zi 41 ^j^} jusqu'à la race ligure (G sur 9 zi GG ^^), où ils atteignent aussi le plus fort maximum.
Dans les crimes contre la propriété nous ne voyons dominer que la race belge (la plus industrielle du reste) G 7 %,.
la ligure et l'hybérique avec 60 % et 61 7oî pendant que la cimbrlque et la gallique ne donne que le 30 et 39 %•
L'influence prépondérante des races ligure et gallique dépend de leur plus grande activité, comme nous Tavons vu dans mon Crime politique ; les peuples ligures en France donnèrent le maximum des insurgés et des révolutionnaires 100 ^/y, et le maximum des génies 66 7oi les galliquos le 82 % et le 19 % de génies ; les belges le 62 % et le 33 *^/q de génies, pendant que les cinibres ne fournirent que le 38 % de révolutionnaires et à peines le 5 ^/q de génies ; les hybériques le minimum, 14 ^/q de rebelles et 5 % de génies (Crirne politique^ vol. I).
7. — Dolicocéphalie et Brachycéphalie. — Nous avons voulu connaîti^ les résultats des rapports entre la criminalité, l'indice céphalique et la couleur des cheveux, pereuadés d'obtenir ainsi les documents plus certains de Tinfluenco de le race.
En Italie, en étudiant le crime selon l'indice céphalique sur les Planches de Livi (op. dt,) nous avons vu que dans les 21 provinces ayant une prépondérance de dolicocéphalie (de 77 à 80 inclus), la moyenne des homicides et blessures est de 31 ^/q^, pendant que la moyenne générale en Italie est de 17; dans toutes ces provinces dolicocéphales, excepté Lucques et Lecce, c'est-à-dire dans 19 sur 21, la proportion des homicides surpasse la moyenne.
Les provinces où domine le plus la mésocéphalie (81-82), sont proportionnellemente en dessous do la moyenne des provinces dolicocéphales, quant aux homicides, et donnent une moyenne de 25 %f,.
Dans celles au contraire où sont les brachycéphalies plus nombreuses (en partant de l'indice de 83 jusqu'à 88) la moyenne est de 8 ^o^, par conséquent très inférieure pour la criminalité à la moyenne générale.
Nous devons cependant noter que les dolicocéphales se groupent tous dans les provinces méridionales, sauf Lucques, qui fait justement exception au paralellisme entre l'intensité du crime et de la doligocéphalie, et que les brachycéphales.
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âa contraire, situf les Abrozzes, sont tous dans la haute Italie, et les ultra-braohyoéphales dans les régions montagneuses, qui toutes ont un moindre contingent de crimes de sang.
Quant aux mésocéphdes, ils se rencontrent surtout dans l'Italie méridionale ou dans les régions plus chaudes de la haute Italie, comme livorne, Gênes, si bien qu'il est impossible de ne pas admettre que Tinfluence ethnique se confond, ici, avec celle du climat.
Quant aux vols la différence est bien moindre.
On voit encore Tempoirter, mais beacoup moins clairement :
Les dolicocéphales avec 460 p. 1 million d'hab. » brachycéphales » 360 » » »
» mésocéphales » 400 » 2> »
En France (voyez La Justice en Fraiice)^ les crimes contre les personnes donneraient une moyenne de 18 pour 100,000 chez les brachycéphales et de 36 chez les dolicocéphales (CoLLiuNON, op. city) en comptant la Corse; et sans elle de 24 seulement égale par conséquent à la moyenne du pays, qui est justement de 24 à 33 pour 100,000; et même si nous suivons les données de Ferri, de 1880 à 1884, nous trouvons une différence beaucoup moindre ; suivant cet auteur, les crimes de sang donneraient le 13 p. 100,000 (sans la Corse) parmi les dolicocéphales ^t 19 chez les brachycéphales.
On voit d'après cela combien est plus grande, pour les crimes de sang, l'influence du climat que celle de la race, car en ItaUe, où les dolicocéphales sont réunis dans les provinces méridionales, il existe une énorme différence en plus pour les brachycéphales; en France au contraire où les dolicocéphales sont surtout répandus au sud, au nord (Pas de Calais, Nord, Aisne), au centre dans la Haute Vienne et Charente, ils ne fournissent aucune données précises, et donnent même des chiffres moindres.
Quant aux crimes contre la propriété en France — et la Corse ici n'a aucune influence — la différence est remarquable ; les dolicocéphales donnent 44 p. 100,000, pendant que leS brachycéphales ne donnent que 23.
PREHIEBE PASTIE 41
En somme, partout, on observe une certaine prépondérance du crime, dans les provinces où domine la dolicocéphalie. En France, la dolicocéphalie a donné un plus grand nombre de révolutionnaires et de génies, et c'est parmi les dolicocéphales Oaulois et Ligures que se trouvèrent les dominateiu^ et les peuples plus rebelles à la conquête.
Ceci est en parfaite opposition avec ce que nous avons trouvé dans l'anthropologie du crime, selon la quelle les criminels sont presque toujours ultra-brachycéphales, obser\ation précieuse qui nous aide à dômonti*er mieux que la brachycéphalie exagérée chez les criminels est un caractère saillant de dégénérescence.
8. — Cheveux blofids et bruns. — Voulant connaître la proportion des criminels fran<;ais selon la distribution des cheveux blonds et bruns (Topinard), nous avons trouvé que les assassins, dans les départements où dominent les cheveux noirs, donnaient 12,6 %, y compris la Corse, 9,2 % sans la Corse, pendant <iue les blonds donnaient un chiffre notablement inférieur 6,3 ^/„.
Observons cependant que les cheveux noirs abondent surtout dans les pays chauds. Vendée, Hérault, Var, Gers, Landes •Corse, Bouches-du-Rhône, Basses- Alpes, Gironde, etc.; l'influence du climat, par conséquent ne peut-être exclue. On peut en dire autant poiu- les cheveux blonds, plus fréquents dans les régions où domine le climat du nord (exception faite pour Vaucluso), Pas de Calais, Xord, Ardennes, Manche, Eure <ît Loire, départements qui pour cela tendent à avoir un moindre nombre de crimes de sang (Planch. II et III).
En Italie la proportion du tjpe blond dans toute l'Italie méridionale et insulaûe est inférieure à la moyenne du Royaume {voir. LiHi, Archivio (Vantrop,^ 1894) sauf à Bénévent, où -elle atteint la moyenne et dans la pro\ince de Fouille, Xaples, Campanie, Trapani et la partie orientale de la Sicile, où elle ■est de très peu inférieure. Or, dans toute l'Italie méridionale, les crimes de sang sont inférieurs à la moyenne et dans la province de Bénévent ils donnent un chiflTre, qui, tout en
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étant assez élevô, 27,1 %, est cependant inférieur à celui desprovinces voisines. On doit en dire autant de la province de- Fouille et de la partie orientale de la Sicile, Siracuse, Catanie, qui présentent un chiffre moins élevé de criminalité (Siracuse 15, Catanie 28, Lecce 10).
Dans ces provinces, la couleur blonde des cheveux est en rappoi-t direct avec la mce Lombarde (Benevente) et Grecque (Sicile) et pour cela avec une moindre intensité de criminalité.
Je n'ai trouvé cependant aucun mpport avec la race, daus^ la oasis blonde de Perouse et dans la brune oasis de Forli^ dans ritalie centrale.
La population blonde, qui environne les Alpes, est en rapport éti'oit avec celle de la montagne et n'offre, conmie elle^ qu'une faible criminalité; mais la cause n'est pas ici qu'orographique. Au contraire l'oasis brune de Livourne et de Lucques, est en coïncidence, pour tous les crimes, même pom* ceux de sang, avec la plus grande criminalité en comparaison de& pays voisins de la Toscane. Or, comme ici la couleur des cheveux est parallèle à une spéciale dolicocéphalie, sans être expliquable par aucune cause orographique, il me semble qu'elle nous donne une preuve nouvelle de l' influence ethnique sur les crimes de sang.
Quant aux délits contre la propriété, il n'v a pas de correspondance évidente : la province, p. ex., de Trevise, où le& habitants sont très blonds, donne le maximum de criminalité et Ferrare oii ils sont très bruns marche presque de pair avec elle.
9. — Juifs, — L'influence de la race sur la criminalité apparaît dans toute son évidence dans l'étude des Juifs et des Bohémiens mais pour chacun d'eux dans un sens bien opposé.
La statistique aurait démonti'é chez les Juifs de certains pays une criminaUté inférieure à celle de leur concitoyens catholiques fait d'autant plus remarquable que, étant donnée la profession qu' ils exercent de préférence, ils devraient être^ comparés non plus à la population en général, mais aux com-