‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 125 sur 205 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Tiéraltty ne manifestaient aucun désir de s' amender, bien qu'ils eussent commis les délits les plus graves (blessures, vols, récidives), c Si les jeunes gens de leur âge, disaient-ils, avaient de l'argent pour s'amuser, pourquoi n'auraient-ils pas eu eux aussi le droit de s' en procurer en volant chez eux ou ailleurs »: et d'autres ajoutaient que; « Quelque délit •qu'ils commettraient, il n'égalerait jamais les souffrances qu'on leur faisait endurer dans la maison de réforme».

3 % niaient résolument leurs fautes; 11 7o affirmaient leur . repentir avec une nonchalance qui prouvait leur peu de sincérité; 5 Vo allaient jusqu'à insulter leurs parents.

Et nous avons vu (Homme criminel^ vol. 1, p. 338) que ■dans ces maisons le tatouage y sévit dans la proportion de 40 7o- C'est là un indice très grave; mais il y en a un autre pire encore, si c'est possible: c'est celui d'un argot «pécial.

Si, cependant, grâce à des soins assidus on parvient à obtenir xme amélioration chez les plus jeunes, elle disparaît dès qu'ils retournent parmi les adultes; d'ailleurs: il y a un règlement uniforme, non seulement pour toutes les régions, mais aussi pour tous les âges, tandis qu'il faudrait une directrice et un pédagogue pour le enfants, et pour les adultes un vrai colonnel.

Joly parle, lui aussi, de maisons de réforme et de colonies •de France qu'on croirait, à première vue, des paradis, mais qui sont en réalité de véritables enfers, où la discipline est très dure et inefficace avec, par ex., une chambre de punition où les enfants doivent marcher en ellipse du matin au soir, avant d'aller se coucher siu* une planche, faisant ainsi 40 kilomètres dans un jour sur les carreaux inégaux: en revanche, s'ils sont huit ou dix réunis dans un endroit, ils menacent le gardien de coups ou d'une dénonciation s'il no les laisse faire ce qu'ils veulent (Le combat contre le crime^ pag. 145).

L'abandon, lui-même, ne serait-il pas préférable à une pareille méthode d'éducation?

Il existe, il est vra^i, quelques rares établissements qui ont

à leur tête des hommes remarquables par leur philantropie-

et par leur pénétration didactique, comme De Metz, Ducci, Eey^

)ermayer, Spagliardi, Martelli, qui suppléent à tout par leur

vouement; mais ce sont là des exceptions sur lesquelles-

îtat ne peut pas compter.

Il est certain que les mauvais résultats de ces maisons se rifient d'autant moins que le nombre des co-détenus est plus streint. En effet, en France, les colonies publiques qui attei« ent presque toujours le chiffre de 400 élèves, fournissent une cidive supérieure de 4 à 19 %, tandis que celle des colonie» ivées de 150 élèves n'est que de 11 à 12 ^/q\ mais en Suisse,, dans le Grand-Duché de Baden, où les colonies ne surssent jamais 50 enfants, la récidive v descend à 4 et à 50 %; et en Angleterre elle est de 4 7o P^^r J®s garçonsde 1 % pour les filles.

Toutefois, ces chiffres ne me rassurent pas complètement. Dans l'Amérique du Nord on évalue à 33 ^/q les récidivess nombreuses maisons de correction. — Et Tocquevilley rès les avoir célébrées comme l'idéal de la réforme pénale^ clare que sur 519 enfants libérés, 300 récidivent, c'est-à-^ re presque tous ceux adonnés au vol et au vin, particuliè-^ ment les filles. Sur 85 jeunes filles libérées, 11 seulement rent une conduite excellente, 37 bonne ; et sur 427 garns, 41 l'eurent excellente et 85 bonne. Tout le monde se rappellera les pompeux éloges de la coaie de Mettray, qui était parvenue, selon les statistiques d'i) a quelques années, à réduire (voyez Despine) les récidives- 75 7o qu'elles étaient, à 3,80 7o- Or, peu d'années après, . Du Camp nous apprenait que la récidive y était remontée 33,3 %, ce qu'il voudrait expliquer par l'aversion des Parims pour la campagne, qui fait ailleurs les délices des jeunes^ ns. Et cependant Mettray rejoint l'idéal d'une maison de forme ; les enfants y sont divisés en groupes ou familles. 16 à 17, habitant chacune une petite maison, ayant des efs et sous-chefs spéciaux. — Comment croire ensuite aux [racles do la maison de réforme cellulaire de la Roquette,

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