‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 128 sur 205 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les enfents cassèrent d'abord les vitres en criant : « A bas les écoles ! > mais la liberté même de ne pas y aller, vainquit les plus récalcitrants; et la méthode objective, frôbeliane, finit par les séduire.

L'institution se perfectionna par la suite avec les placements des enfants dans les fermes éloignées, où leur travail est mieux utilisé et par suite préféré, et où ils sont à Tabri des mauvaises influences des grands et des petits centres, où l'ouvrier enfin étant toujours en contact avec son pati'on y est mieux surveillé et s'y trouve comme dans sa famille.

Le contact continuel avec la bonne ménagère feit des jeunes filles de bonnes femmes de chambre ; et celui du patron transforme les garçons en excellents colons ; car, en vivant dans une atmosphère de bonté, de sympathie et de travail, stimulés au bien par l'amour propre et par l'espérance d'une meilleure position, n'ayant d'autre part aucune incitation au vol, pas de mauvais compagnons, ils abandonnent, avec leurs vêtements sordides, beaucoup de leurs vices, et trouvent dans les champs et dans les différentes cultures une issue à leur activité.

Quand ils sont trop délicats la société paie leur entretien jusqu'à ce qu'ils aient acquis la force de travailler ; elle les retire aussi lorsqu'ils ne sont pas assez robustes.

C'est ainsi que cette société a placé, en moins de 23 ans, 35 mille enfants abandonnés et sans asile, outre le contingent élevé (plus de 23 mille en 1875) recueilli par les écoles industrielles, dont 21 diurnes, 14 nocturnes, dans lesquelles ils sont nourris et vêtus, et dans les 6 maisons de logements (lodging) et après y avoir contracté des habitudes d'ordre et de propreté et fréquenté les écoles du soir et du dimanche, ils sont placés à la campagne, et tout cela avec une dépense qui ne surpasse pas dix millions de francs.

Beaucoup de ces enfants sont adoptés par leurs patrons; d'autres, grâce à leur travail ont implanté de nouvelles fermes, ou sont devenus professionniste ou prêtres ; beaucoup des filles sont d'excellentes mères de famille; très peu retournent à New- York, quelques-uns changent de place, comme tous

les serviteurs; mais bien peu, pas plus de 6 sur 15 mille, •ont eu maille à partie avec la justice.

A New-York, en effet, depuis la création de ces institutions en 10 ans

les vagabonds sont descendus de 3829 à 994 les voleurs » ' » » 1948 > 245

les pick-pockets » » » 465 » 313

C'est là, continue Barce, le seul établissement vraiment utile pour les enfants vagabonds, qui, réunis ensemble, ne pourraient que se corrompre mutuellement, tandis que par ce -moyen on améliore la terre par Thomme et Thomme par la terre.

Toilà assurément une bonne thérapeutique criminelle !

De quelle efficacité ne serait-elle pas dans quelques régions • de l'Italie, où on élève volontiers les petits exposés des hôpitaux, afin d'avoir plus tard le secours de leurs bras dans -les champs !

Restent les enfants maladifs, inhabiles aux travaux de la -campagne : on tiendrait pour eux quelques Uts séparés, dans .les mêmes écoles, comme on fait justement dans les ragged scJiools d'Angleterre.

Maisons de réforme externes pour V enfance. — Mais, lorsqu'on ne peut créer des institutions de bienfaisance spontanées, on peut les remplacer par cette institution, que l'abbé Spagliardi appelle Maison de réforme externe pour l'enfance, qui est bien plus facile à initier; c'est un asile obligatoire diurne pour les enfants réfractaires de 6 à 12 ans, que l' incurie ou l'incapacité des parents laisse dépourvus de toute éducation et qu'on ne peut accueillir dans les asiles ordinaires. On y internerait aussi les jeunes vagabonds habituellement associés sur les places pubUques.

« Même dans l'asile enfantin, dit ce vaillant philanthrope (1), tous les enfants pauvres n'entrent pas, surtout les plus pau-

(1) Compte rendu de la réunion des sociétaires de V œuvre pieuse *des maisons de réforme de la province de Milan, 1872.

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