‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 137 sur 205 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

On voit, d'après tout cela, combien est grande la nécessité de changer nos idées sur la prison.

Systèmes graduels. — Chacun comprendra maintenant pourquoi les pénalistes, n'ayant dans les mains que ce triste instrument essaient de le modifier et de le perfectionner ; de là les grands applaudissements au système irlandais. Ce système consiste à faire passer le criminel d'une première période d'isoleuïent cellulaire, ne surpassant pas neuf mois, réduisible à huit et dans laquelle il n'a qu'une nourriture végétale, un misérable vêtement et une monotone occupation d'eflBlochage,à un second stade de travail collectif, diurne, rigidement surveillé,, se divisant en quatre catégories les unes plus privilégiées et phis avantageuses que les autres, dans lesquelles il passe successivement après avoir obtenu par son travail et sa bonne conduite un certain nombre de points de mérite.

Dans la première catégorie la porte de la cellule reste ouverte le jour, le travail n'est pas payé, mais il peut être récompensé avec un penny \ après avoir obtenu 54 points de mérite, le détenu passe successivement dans les autres catégories où il reçoit une compensation de plus en plus grande, l'instruction mutuelle, et se trouve en contact avec le public et ainsi, de suite.

Ce stade écoulé — commence pour les détenus celui de la, presque complète indépendance (prison intermédiaire) dans les . champs; ils sont vêtus de leurs propres vêtements et reçoivent un appointement, ont la permission de s'absenter et sont en contact continuel avec les personnes du dehors.

De ce stade ils passent jusqu'au terme de leur peine, à celui de la liberté provisoire sous la surveillance de la police qui leur fait, en cas de rechute, reprendre le chemin de la prison. Avant d'en sortir, ils sont enregistrés, photographiés et avertis qu'à la première faute ils seront réintégrés en prison; dès qu'ils sont arrivés à la destination qui leur est assignée, ils se présentent à la police et doivent s'y représenter chaque mois ; celle-ci les patronne et les aide à trouver un métier.

C'est là un superbe moyen de matérialiser et de faire aimer la vertu ou du moins le travail à ces esprits grossiers et oisifs.

Le criminel peut de la sorte obtenir une économie de peine et rÈtat une économie d'argent qui peut aller de */g à ^/j, et comme toute nouvelle faute comporte une régression aux premiers stades qui est la peine la plus redoutée; les autres peines disciplinaires deviennent inutiles dans ces stades intermédiaires.

Les résultats obtenus en Irlande, par cette réforme, furent satisfaisants^ du moins en[apparence : depuis 1854, époque à laquelle elle fut introduite, on nota une diminution remarquable *de crimes.

On y comptait 3933 détenus, 710 entrés dans le cours de l'année.

Us sont descendus :

En 1S57 à 2614 détenus, 426 eatrés dans le cours de Tannée

Ajoutons que cette réforme concilie l'économie, qui veut dire la possible application, — à la psychologie criminelle parce qu'elle permet un passage graduel à la liberté complète; et fait de ce rêve éternel du criminel un instrument de discipline et d'amendement; elle offre en outre le moyen de vaincre la défiance du public envers les libérés et fait naître la confiance de ces derniers en eux-mêmes.

En Danemark, les détenus restent en cellule nuit et jour et y travaillent à leur propre avantage. Les condamnés incorrigibles ou les récidivistes, après 6 ans, vivent on eommun dans une prison spéciale et n'ont d'autre récompense à leur bonne conduite, que la liberté de travailler dans les champs contigus aux prisons. — Ceux qui sont jeunes et qui peuvent encore être amendés, ou ceux qui sont condamnés pour la première fois pour délit peu grave, de 3 mois à 6 mois au plus, demeurent dans une prison cellulaire spéciale. Us sont divisés suivant leur conduite en divers stades : dans le l®*" (de 3 à 6

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