‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 151 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Garofalo a admirablement résumé les caractères psychiques du criminel-né, dans V absence des sentiments de pudeur, de probité et de pitié, qui caractérisent essentiellement l'homme sauvage {Criminologie^ 2* édit., 1895) et, nous ajouterons d'activité et d'inibition.

A ceux qui, comme Reclus et Krapotkine, objectent qu' il existe des peuples sauvages justes et pudiques, nous répondrons qu'il faut un certain degré de densité et d' association entre les hommes pour que certains crimes s'y développent ; on ne peut, par exemple, voler là ou la propriété» n'existe pas, ni escroquer où il n'y a pas de commerce ; mais la preuve que ces penchants existaient en germes chez le sauvage, c'est que dès qu'il passe à l'état barbare ou se rapproche d'un degré des peuples civilisés, il présente toujours d'une manière exagérée les caractères de la criminalité. Et comme nous fait remarquer M. Ferrero, même lorsque la probité, la pudeur et la pitié existent chez les sauvages, l'impulsivité et l'oisiveté ne leur font jamais défaut. Us ont en horreur le travail continué, de sorte que chez eux le passage au travail actif et méthodique ne peut s'effectuer que par le moyen de la sélection et des martyres de l'esclavage.

Ainsi, selon le témoignage de Tacite l'impulsivité des anciens Germains résulte de la fréquence du meurtre des esclaves, commis dans des accès de fureur, et qui n'était pas regardé comme une action coupable. Tacite note également leur incapacité de travailler : < ils ont, dit-il, de grands corps, valides seulement par élan, mais ils n'ont pas la patience nécessaire à un travail régulier >.

« Quand ils n'ont pas de guerre, ils ne font rien... ils dorment et mangent. Les plus forts et les plus belliqueux vivent dans l'oisiveté, laissant aux femmes, aux vieillards et aux plus faibles les soins de la maison et des champs, s'abrutissant eux-mêmes dans l'inertie >.

Parfois, au contraire, l'impulsivité, plutôt qu'à une inertie physio-psychique, semble s'allier à un infatigable besoin de mouvement qui se traduit, dans les peuples sauvages, par

Digiti

le vie continuellement vagabonde et sans but. C'est ainsi le les Andamanes écrit Hovelacque « sont d'humeur si quiète, qu'ils ne restent jamais plus de deux ou trois jours ms le même endroit > , et leurs pérégrinations n'ont d'autre it que le besoin de mouvement.

Ce fait semble être le terme de passage entre l'inertie physiolychique et le besoin intermittent d'excitations physiques et orales violentes et déréglées qui accompagnent toujours nertie et par conséquent l'impulsivité. C'est ainsi que les mples normalement plus paresseux et indolents se livrent IX danses les plus efirénées et les plus bruyantes, jusqu'à ) qu'ils entrent dans une espèce de délire furieux et tommt épuisés. < Lorsque les Espagnols, écrit Robertson, conirent pour la première fois les Américains, ils furent frappés ) leur furieuse passion pour la danse et de l'activité vertineuse que déployait ce peuple, presque toujours froid et issif, toutes les fois qu'il se livrait à cet amusement. Les ^gres de l'Afrique — dit du Chaillu — dansent frénétiquement )s qu'ils entendent le son du tam-tam et perdent tout emre sur eux-mêmes * . c C'est, ajoute Letoumeau une véritable reur chorégraphique qui leur fait oublier toutes les misères ibliques et privées » .

Ajoutons que l'atavisme du criminel, quand il manque ►solument de toute trace de pudeur et de pitié, peut aller us loin du sauvage ; et remonter jusqu' aux brutes eUesêmes.

L'anatomie pathologique nous aide à le prouver en nous outrant chez le criminel un développement cérébelleux plus Bndu , une plus rare union de la scissure calcarine avec scissure pariéto-occipitale interne, l'absence des plis de tssage de Gratiolet, l'incisure nasale à gouttière, la fréquence L trou olécrânien, des côtes et des vertèbres surnuméraires et rtout (voyez appendice) les anomalies histologiques découirtes par Roncoroni dans l'écorce cérébrale des criminels, 3st-à-dire : l'absence fréquente de couches granulaires et la ésence de cellules nerveuses dans la substance blanche, le

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