SYNTHESE ET APPLICATIONS PENALES
L'atavisme et Tépilepsie dans le crime et dans la peine.
Tout ce que nous avons exposé dans ce livre et dans ceux qui le précèdent (vol. I et II de Y Homme criminel) prouve clairement l'inanité de l'ancien échafaudage criminologique. Avons-nous réussi à lui substituer un édifice plus solide ?
Si l'orgueil pour un travail long et pénible ne nous aveugle pas, c'est affirmativement que nous pouvons répondre. Et avant tout, il ne peut subsister aucun doute que nous devons, bien plus que le crime abstrait, étudier le criminel, qui, lorsqu'il est congénital, présente, dans une proportion qui va jusqu'au 35 ^/q, de nombreux caractères spécifiques presque toujours ataviques.
Ceux qui nous auront suivis jusqu'ici auront pu se convaincre, en effet, que beaucoup des caractères que présentent les races sauvages, se retrouvent très souvent chez les criminels-nés. Tels que, par exemple, le peu de développement du système pilaire, la faible capacité crânieuse, le front fuyant, les sinus frontaux très développés, la plus grande fréquence des os Wormiens, les synostoses précoces, la saillie de la ligne arquée du temporal, la simplicité des sutures, la plus grande épaisseur des os crâniens, le développement énorme des mâchoires et des zygomes, le prognathisme, l'obliquité des orbites, la peau plus pigmentée, la chevelure plus touffue et crépue, les oreilles volumineuses; ajoutons l'appendice lémurien, les
^malies de l'oreille, le diasthôme dentaire, la grande agilité, t)tusité du tact et de la douleur, la grande acuité visuelle, disvulnérabilité, Tobtusité des affections, la précocité des plais sensuels (1), la plus grande analogie des deux sexes, la )indre corrigibilité chez la femme (Spencer), la paresse, bsence de remords, rimpulsivité, l'excitabilité physico-psyique et surtout l'imprévoyance, qui ressemble parfois à du irage et le courage s'alternant à la lâcheté ; la grande vanité, passion du jeu et des boissons alcooliques, la violence et fugacité des passions, la superstition, la susceptibilité exarée de la propre personnalité et même la conception relative la divinité et de la morale.
Des analogies imprévues se rencontrent jusque dans les 18 petits détails, comme par exemple : les lois improvisées Qs les associations, l'influence toute personnelle des chefs LCiTE, Oerm,^ V-II), l'habitude du tatouage, les jeux souvent lels, l'abus des gestes, le langage onomatopéique, et avec permification de choses inanimées, jusqu'à la littérature spéciale i rappelle celle des temps héroïques, alors qu'on célébrait le me et que la pensée tendait à revêtir la forme rhythmique rimée.
Cet atavisme nous explique la diffusion de certains crimes. Tels que la pédérastie et l'infanticide dont on ne sauraient xpliquer l'envahissement dans des associations entières, si ti ne se rappelait les Romains, les Grecs, les Chinois, les ïtiens qui, non seulement, ne les regardaient pas comme des mes, mais encore quelquefois les pratiquaient comme une \tume nationale; et c'est peut-être à la même origine que as devons attribuer le grand nombre de pédérastes qu'on narque chez les esthètes, justement comme chez les anciens ecs (2).
1) Voyez Homme crimin., vol. I, pag. 136 a 579.
2) Récomment H. Ellis trouva que dans les pédérastes 66 °/q avaient habitudes artistiques, tandis que Gai ton n*en trouve dans la popu-
on anglaise que 33 ^'q (Bulletin ofthe PsychoL Section ofthe Medie, jal Society, Dec. 1895).