‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 199 sur 205 · Etiologie, Epu^psie, etc · texte numérisé non relu

Etiologie, Epu^psie, etc

Dégénérescence psychique. — Criminalité et folie par l'alcool (2). — D'un père alcoolique, goutteux et d'esprit obtus et d'une mère alcoolique, souflBrant de calculs vésicaux,

(1) Db Blâsio, / geroglifiei criminali e i camorristi m c(ircere (Arehivio di Pàtekiatria), vol. XVII, p. 147.

(2) Nabdelu, Atti deirXI Congresso intemaxionate di Borna 1897 ,

naquirent 7 fils: deux filles idiotes, deux autres folles, un enfant maladif, un autre alcoolique et goutteux, un autre à demi imbécile, opéré pour un calcul vésical; et enfin un dernier enfant, criminel impulsif, sans affectivité et d'un caractère instable, il blessa sa mère et des ouvriers de son père; après avoir changé 4 fois de métier, il finit par tomber complètement dans l'oisiveté et le vagabondage. On voit donc ici le crime et la folie dériver d'une source commune — l'aleoolisme.

Équivalent épileptUitie (1). — -P. R., 41 ans, père de famille, tout à fait honnête, présentant cependant quelques stigmates somatiques de l'épilepsie, est impulsivement poussé à exhiber ses organes génitaux. La nature des phénomènes qui accompagne cet acte l' identifie avec un accès épileptique. En effet, l'individu éprouve d'abord un malaise suivit d'une grande excitation sexuelle,des images erotiques indéfinies se présentent à son esprit, il a des sifflements dans les oreilles, une confusion de la vue, etc. Il ne se rappelle ensuite que les phases prémonitoires de l'accès; et tombe dans une crise de larmes.

Cette attaque qui persiste une demi-heure, est souvent accompagnée d'une irrésistible manie de courir, rappelant l'épilepsie propulsive; ce qui confirme la nature épileptoïde des crises exhibitionnistes (2) ; fait, du reste, que démontrent les autres caractères de l'accès : l'angoisse, l'automatisme, la mémoire confuse, l'absence de la conscience, le sentiment de soulagement après l'accès, lequel est suivi de stupeur et d'incertitude.

Criminels épileptiques. — Dans les 250 criminels étudiés

(1) ËNBico MoBSKLLi, Espostxione aceesswde d$gli organi gerUtali « Ssibizionismo » corne équivalente epilettoide {BoUettino délia R, Aocctd, med. di Qenova), vol. IX, fasc. I, 1894.

(2) Voir Homme Orimincl, Vol. II.

dans ma clinique de 1895 à 1896, Ottolenghi (1) rencontra 84 cas (33 ^j^) d'épiiepsie qui présentaient ces caractères:

Épilepsie convulsive motrice dans .31 cas; épilepsie psy-r cliiquo dans 53 cas ainsi divisés: a) Vertiges, absences, 20; b) Actes automatiques inconscients, non violents, 2; c) Auto^ matisme ambulatoire 16 (dans 9 cas on observa les prétendues fuites, et dans 7 cas, de vraies formes de vagabondage); d} Accès équivalents à des crimes: la vraie fureur épileptique morbide, dans 25 cas.

Dans 2 cas Taccôs d*épilepsie psychique s'était manifesta sous Tinfluence de l'alcool, 4 fois après une excitation passionnelle, 6 fois à la suite d'un traumatisme : 9 fois pendant le service militaire ; et dans tous ces cas il y avait hérédité morbide.

Caractères anaiomiques. — Sur 250 criminels plus de 54 ^/fy présentaient le type criminel complet^ 36 % présentaient le type criminel incomplet.

Caractères sensoriatix. — La sensibilité tactile était normale dans 55 %, obtuse dans 33 %, fine dans 12 %.

La sensibilité générale était normale dans 56,6 %, obtuse dans 41,5 7oî û^e dans 11,9 7o-

Lé^ sensibilité à la douleur était normale dans 31,2 ^/q^ obtuse dans 65,5 ^/q, fine dans 1,7 %; d'où l'on peut conclure que la diminution de la sensibilité est d'une fréquence plus grande pour la sensibilité à la douleur, et moindre pour la sensibilité tactile.

Sens moral. — Dans 32,6 ^/q on nota les caractères anatomiques et psychiques complets du criminel-né; tous les autres immunes étaient des criminaloïdes. Selon le crime com« mis, les criminels épileptiques se divisaient ainsi: 18 homicides, parmi lesquels un parricide — 15 auteurs de blessures

(1) Ottolenqht, Seconda centuria di ci^mmcUi, 1897.

— 12 avaient commis des crimes de sang — 24 étaient voué& spécialement aux crimes contre la propriété — 2 étaient escrocs

— 4 criminels sexuels, dont un était à la fois empoisonneur

— 2 criminels politiques, avec prévalence pourtant des crimes sanguinaires.

Grime passiomtel scientifiqtce, — Dans la dernière éditiou de mon Homme de Oénie et dans mon Oénie et dégénérescence, je démontre que le génie a une source commune avec la folie morale et la criminalité dans Tépilepsie, ce qui explique et justifie les anomalies morales si fréquentes chez le& hommes de génie; mais récemment Patrizi, T illustrateur de la pathologie mentale de Leopardi a porté encore plus profondément des investigations dans ce champ; et a découvert le crime passionnel scientifique en illustrant les grands hommes qui, entraînés par la passion scientifique allèrent jusqu'au meurtre pour l'assouvir; tel serait le cas de Vesaille qui aurait sectionné le cœur d' une femme encore Aivante pour découvrir le secret de la circulation ; tel cet autre médecin qui inocula le cancer dans les mammelles d' une femmesaine, afin d'en étudier la contagiosité; tel encore ce médecin Viennois qui aurait inoculé la syphilis à des aliénés afin do^ savoir si elle provoquerait la paralysie progressive ; tel enfin Goethe qui, venu en possession d'une barre de platine, qu'un ami lui avait montrée, ne voulut plus la rendre (2).

Faits ataviques chez les enfaiits. — Le D'" Robinson (1) a donné une explication atavique de plusieurs faits de la vie physique, et psychique de l'enfant; c'est ainsi que leur fréquente adiposité était une condition favorable à la préservation de la race, dans la vie nomade des peuples primitifs; la graisse les protégeait contre la faim dans les multiples circonstances où ils manquaient d'aliments; les cris strident»

(1) Nortk'American Review, Oct. 1896 — Arch, di PsichiaL, 1895, vol. XVI.

(2) LoMBEOso, Oento e degena-axione, 1898, Milano.

de l'enfent, la frayeur des personnes inconnues et de Tobscurité, son égoïsme et sa jalousie représentent, pour Robinson, des facultés qui, pour différentes causes, étaient utiles à la protection de sa jeune et délicate existence et qui se sont conservées, quoiqu'elles ne soient maintenant plus nécessaires. Buchmann (1), à son tour, énumère de nombreuses et importantes particularités communes aux enfants et aux ônges de l'époque actuelle; telles que le nez écrasé, le prognathûme, le filtre nasal, la manière de se saisir des objets en les serrant entre les doigts et la paume de la main ; la manière de marcher de l'enfant, dont les jambes arquées correspondent plutôt aux besoins des quadrumanes vivant sur les arbres; et beaucoup d'autres habitudes infantines, comme de se roolei par terre, d'arracher ce qui déborde des murs, etc. Tous ces actes rappelleraient les mœurs simiesques et s'expliqueraient par l'hérédité atavique; or très souvent ils se rencontrent chez les criminels.

Enfant matricide. — Un enfant de 13 ans, Robert C, aidé de son frère de 12 ans, tua à Londres, sa mère avec un couteau acheté exprès. Après l'homicide les deux enfants restèrent dans la maison pendant 11 jours, jusqu'à ce qu'on découvrit le cadavre. Robert avoua son crime en disant avoir tué sa mère parce qu'elle avait trop grondé son frère.

C'était un enfant très intelligent. A sa naissance on avait employé le forceps; il souffrait beaucoup de céphalalgie et U se plaignait d'entendre souvent des voix pendant la nuit. La nuit qui précéda l'omicide il prétendit les avoir entendues qui lui criaient : « Tue-la, tue-la et va-t'en > et il l'avait tuée sous l'empire d'une impulsion irrésistible. U souffrait aussi d*accès maniaques.

Fallot et Robiolis (2) publient le cas d'une tentative de

(1) Nineteenih Century, Nov. 1895 — Areh. di Psichiat., 1&9j. vol. XVI.

(2) Un cas de criminalité remarqiMblement précoce {Areh. é^anikrop, criminelle, 1896, vol. XVII, p. 372).

PlANGHE IX.

meurtre par vengeance, commis par une enfant de 2 ans sur sa sœur de 7 ans. La petite criminelle mesure 80 cm. de taille, elle est acrocéphale, à front rentrant, ses sinus frontaux sont très développés; scaphocéphalie, oreilles sessiles, indice crânien 78; sexualité précoce, elle s'introduit souvent des objets dans le» parties génitales. Très violente, elle est dépourvue de sensibilité, et ne manifeste aucun repentir de son acte criminel ; quelque temps avant le crime elle était restée, par pimition, un jour entier, sans manger et sans se plaindre.

Le D*" De Silvestri (1) a examiné 340 enfants de 3 a 7 ans, desquels 45 % étaient moralement anormaux; les caractères physiques morbides atteignaient le 66 ^/^^ chez les enfants à caractère moral anormal et le 29 % ^^^'^ l^s enfants à caractère intègre ; cette proportion était de beaucoup inférieure chez les filles du même âge. Avant 4 ans V2 ^^ Silvestri n'a pas trouvé d'autres caractères de dégénérescence, sauf la pélurie.

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