PREMIERE PARTIE
de Carrara, provoque des crimes même après son retour, parce que les ouvriers en reviennent ivrognes, cyniques et aflftliés à des sociétés secrètes. — Dans les siècles passés, ces immigrations étaient aussi une cause de crimes (De Stepani, Del- Veynigraxione di Oarfagnana^ 1879, Milano); la bande de Rordispini, par ex., se composait à l'origine entièrement d'étameurs, de marchands de cierges, de moissonneurs, de merciers ambulants, qui s'étaient déjà trop signalés dans le délit sporadique.
Même ces émigrants, qui, voyageant par fanatisme religieux, devraient avoir le plus d'éloignement pour le crime, apportent un chiffre notable au crime associé : le vocable de Mariuolo semble dériver do la coutume qu'avaient les pèlerins de Lorette ou d'Assise, de crier en chœur: Vive Marie! ce qui ne les empêchait pas de commettre des viols et des larcins qu'ils croyaient expier par le pèlerinage (Lozzi, BelVoxio in Italia^ Firenze^ 1870): c'était peureux un moyen commode de crime et un autre, encore plus commode, d'en faire pénitence, comme cette fameuse lance qui blessait d'abord, mais aussitôt après guérissait les blessures. J'en trouve ime preuve certaine dans un décret du roi de Franco, daté de septembre 1732, rappelant d'autres décrets de 1671 et 1686, publiés justement pour défendre les pèlerinages, qui sont déclarés cause fréquente de crimes graves (1).
(1) Nous croyons utile d'en donner la teneur :
« Sa Majesté ayant rappelé les déclarations du feu Roi son bisaïeul, août 1671 et janvier 1686, qui défendent (sous peine de galère perpétuelle pour les hommes et d'autres peines afflictives contre les femmes, que croiront d'infliger les juges) à chacun de ses sujets d'aller en pèlerinage à Saint-Jacques en Gallitie, à Notre-Dame de Loretto et en d'autres lieux en dehors du Royaume sans un permis exprès de Sa Migesté, contre-signe par un de ses secrétaires d'État, sur approbation de l'Évêque Diocésain.
« Sa Majesté étant informée que, malgré ces ordres, beaucoup de ses sujets, négligent de demander la permission ou abusent de difTércntes manières de celles obtenues, et sous le prétexte spécieux de dévotion abandonnent leurs familles, leurs parents, leurs maîtres, leurs profes-
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C ost sans doute pour cela que les pays dotés de sanctuaires célèbres sont, en général, les plus malfamés, comme le fait remarquer d'Azeglio dans ses Souvenirs.
L'influence de l'émigration nous explique clairement pourquoi, dans le rapport des homicides avec la densité, l'Italie diffère de la France, oii Ton a vu dans ces dix dernières, années, 1880-90, une proportion moyenne de 11,163 émigrants seulement, pendant que dans l'Italie ils arrivaient en 1892 à 246,751 (124,312 en permanence) (Statistica deU Vemigraxione italiana^ Roma, 1894).
3. — Natalité et immigration. — Ces recherches sur l'émigration résolvent en grande partie un autre problème qui semble complètement contradictoire en Italie et en France: il paraît, en effet, qu'étant donnée l'influence de la densité sur quelques crimes, ces crimes devraient suivre les variations de la natalité : et que, par exemple, les vols qui s'accroissent avec la plus grande densit<^^ de\Taient aussi s'accroître avec la plus grande natalité ; en France cependant, nous voyons bien augmenter les viols et les assassinats avec le maximum de la densité, mais en raison inverse de la natalité.
sions, leurs métiers pour se livrer à une vie errante pleine d'oisivett'^ et do libertinage, qui les entraîne souvent au délit.
« Que d'auties, sortant du royaume dans T espérance de s'établir ailleurs plus avantageusement, ne trouvent en suite ni les avantages ni les secours qu'ils auraient eus dans leur patrie en y tenant une bonne conduite, et la pluspart meurent de misère sur la route ou courent le risque d'être enrôlés, bon gré mal gré, dans les troupes des puissances voisines.
c Que souvent il arrive que dos soldats au service de Sa Majesté se mêlent parmi ces vagabonds, et grâce à leur nombre désortent. Sa Majesté, jugeant nécessaire, pour le bien du service et pour celui du public, d' arrêter le cours de ces désordres, en supprimant le protexte qui les fait naître, fait expresse défense à tous ses sujets, à quelconque âge, sexe et condition ils appartiennent, d'aller en pèlerinage a Saint- Jacques de Gallitio, à Notre Dame de Lorotte et de Monfcrrat et autres lieux en dehors de son domaine pour n'importe quelle cause ou protexte, et cela sous peine de galère perpétuelle pour les hommes, etc. etc.
« Déclarant nuls et de nnl effet tous les permis accordés précédemment ».