PREMIERE PARTIE
salaires n' agissent que par voie indirecte, en ce sens que l'abaissement du prix des aliments et T accroissement des salaires permettent à l'ouvrier d'acquérir plus aisément et de consommer une plus ^prande quantité de boissons alcooliques, comme nous l'avons vu pour la Prusse. -- En particularisant davantage, nous trouvons que les homicides simples sont en décroissance, sauf en 1884, parallèlement au prix du pain, donnant au moins le 2^ maximum, 5,87, en 1880 (alors que le prix du pain était le plus' élevé), et des chiffres de plus en plus bas dans les années successives où le pain resta à des prix très inférieiu^.
La ligne des coups et blessures s'avance par sauts, indifférente au prix du pain, donnant le maximum en 1888 et le minimum en 1885, alors que dans ces années la différence de son prix était moindre.
2** Quant aux crimes contre les bonnes mœurs, ils augmentent à mesure que diminuent les heures de travail ; ainsi de 1881 à 1888, époque à laquelle les heures de travail s'abaissèrent de 122 à 92, on les vit s'accroître de 3,11 à 5,25. 3^ Les crimes contre la sûreté de l'état, tels que, ceux contre l'administration publique, la tranquillité publique, etc., ne ressentent que très peu cette influence (1).
Pour les rébellions et violences contre les fonctionnaires, s' applique 1' observation faite-ci dessus au sujet des crimes contre les personnes (2).
En ce qui concerne les royaumes unis de la Grande Bretagne et de l'Irlande, les statistiques de 50 ans que Fornasari di Verce m'a bien voulu résumer, donnent des rapports analogues entre les crimes et les variations des prix du giain, c'est-à-dire :
1® Les crimes contre la propriété sans violence, augmentent le plus souvent avec le renchérissement du grain, comme dans la période 1846-47, dans laquelle de 19,510 ils s'élèvent
(1) Cfr. FoENASARi DI Vkece, oj). Cit., ch. 25-31 et 34-42.
(2) Cfr. FoRXASAM DI Vercb, op. cU,^ ch. 25-31 et 34-42.
à 29,571; il y a pourtant une exception dans la période de 1870-73, où on les voit diminuer malgré l'augmentation du prix du blé : avec l'abaissement du prix ils diminuent presque toujours comme en 1847-52, époque à laquelle le pain baissa -de 50 à 40 et les crimes de 23,910 à 21,306, et en 1857-58, où de 23,917 ils descendirent à 20,619.
2^ Les crimes contre la propriété avec violence sont indifférents au bon marché. En effet, ils diminuent dans la période 1842-45 et en 1862-63 avec la diminution du prix du froment, mais augmentent dans la période 1881-86, malgré le bon marché; cependant, ils augmentent le plus souvent quand le pain renchérit, comme en 1845-47, où de 1491 ils s'élèvent à 1732, et en 1867-68 de 1940 à 2253.
3** Les crimes contre la propriété avec destruction frauduleuse ne sont pas en relation très claire avec les variations du prix du grain; ainsi ils diminuent durant les périodes 1841-45 et 1883-84, qui marquent un abaissement du prix de cette denrée; mais en suite, malgré la baisse, ils augmentent dans les périodes de 1852-55 et 1862-63.
4*^ Les crimes de faux et contre la circulation monétaire n'en sont pas influencés. On les voit en effet tour à tour augmenter et diminuer durant l'abaissement constant du prix du grain en 1842-45, 1848-52, 1884-88.
5*^ Les crimes contre les personnes, les crimes jugés sommairement y sont indifférents (1).
Pour la Nouvelle' Galles du Sud, qui nous donne Tidée de l'Europe au XX'"® Siècle, on arrive, suivant les recherches de Coghlan et de Fomasari {Fig. 3), à des conclusions analogues.
L'influence du prix des denrées alimentaires sur les assassinats y est incertaine ou nulle.
Ainsi un des maximimi de consommation du froment (7,1 on 1881) correspond au maximum des assassinais (31), tandis <}ue ne correspondent pas à leur minimum les deux minimum de la consommation, ni les chiffres intermédiaires.
(1) FoHNASARi Di Verc«, op. cU,, chap. 62-68.