PR£MI£RE PARTIE
sont entraînés dans le crime par l'ivrognerie; quelques fois aussi, parce .que les lâches cherchent dans l'ivresse le courage pour accomplir leurs criminelles entreprises et ensuite une excuse à leurs méfaits; enfin parce que c'est à l'aide de l'ivresse qu'on entraîne les jeunes gens dans le crime: et parce que le cabaret est le lieu de rendez-vous des complices, le lieu où non seulement ils concertent leurs crimes, mais aussi celui où ils jouissent de leurs produits. On comptait à Londres, ^n 1880, 4.938 cabarets, où n'entraient absolument que les voleurs et les prostituées.
Enfin l'alcool a un rapport direct avec le crime, ou mieux avec la prison, en ce sens qu'après ses premiers emprisonnements le criminel libéré ayant perdu tout attache avec sa famille, tout point d'honueiu-, clierche dans la boisson une compensation et l'oubli; c'est pour cela qu'on trouve si souvent l'alcoolisme chez les récidivistes et c'est aussi ce qui explique pourquoi Mayhew trouvait i^Tes l'après-midi presque tous les voleurs de Londres, si bien qu'ils y meurent tous d'alcoolisme entre 30 et 40 ans.
La même chose a lieu parmi les déportés de Nouméa, qui boivent non seulement par suite d'une longue habitude, mais aussi pour oublier le déshonneur, l'éloignement de la famille, de la patrie, les tortures que leur infligent les argousins et leurs compagnons, et peut-être aussi les remords, Je vin devient parmi eux une véritable monnaie ; c'est ainsi qu'une chemise valait un litre, im habit deux litres, un pantalon deux Utres; il n'était pas jusqu'au baiser de la fermne, qui ne s'y payât en litres (Simon Meyer, Souvenirs d'un déporté, pag. 376, Paris, 1880).
5. — Oriminalité spécifique. — Ici, il sera utile de connaître dans quels crimes l'influence de l'alcoolisme se fait plus spécialement sentir.
Voici d'après les tableaux de Baer {Der Alkoolismus, seine Verbi'eitung, etc., Berlin, 1878) ce que l'on nota en Allemagne:
LOMBROIO — ni. 8
Dans les maisons de force des hommes:
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