XXXI
« Vous comptez, écrit très bien Joly, sur l'école pour suppléer à V absence des parents, qui doivent vaquer à leurs travaux ou qui ne savent ou ne peuvent faire leur devoir — vous comptez en suite sui' la famille pour suppléer à la lacune morale de l'école. Mais pendant que l'une attend tout de l'autre, toutes les deux manquent à la fois » .
(1) Là où l'intolligenco sait so joindre à la force et k la méchanceté, los efforts dos hommes sont vains.
Influence économique - Richesse.
L'influence do la richesse est certainement plus controversée que celle de Tinstruction; et Texamen le plus impartial des faits ne peut en donner une solution complète; car, il faut bien le dire, ce sont souvent les points de repères qui échappent au chercheur.
Bodio, lui-même, dans son classique ouvrage : Di alcuni indiei numeratori del movimento economico in Italiaj 1890, démontre qu'à la demande — Quelle est la vrai richesse de l'Italie? il est impossible de répondre: Evaluer toutes les sources de richesses agraires et minières est impossible, parce que nous n'avons pas de statistiques précises des industries extractives ; faire la statistique de toutes les propriétés individuelles est impossible faute d'un cadastre simultané de toutes les richesses mobiliaires et immobiliaires; force est, donc, par suite do recourir aux déclarations privées sur lés donations et les testaments.
Le salaire moyen doit être établi par voie d'hypothèses sur le minimiim nécessaire à la vie qui est, lui aussi, basé sur une donnée conjecturale. Evaluer la richesse en ne se basant que sur les taxes, est un système qui paraît erroné quand on sait que les seules erreui*s cadastrales suflisent pour bouleverser tous ces calculs, sans compter que nombres d' afFaristes et de banquiers, et beaucoup de professionistes y échappent plus ou moins complètement. C'est pourquoi les résultats de ce côté, de quelque manière qu'on s'y prenne, arrivent difficilement à établir un rapport exact entre la richesse et les crimes les plus importants.
1. — Taxes et impôts réunis, — En comparant la richesse en Italie, calculée d'après les chiffres représentant la somme des contributions individuelles par habitants, des taxes de
consommation (impôts interaes de consommation, tabacs, sels), des impositions directes (sur les fonds ruraux, sur les immeubles et la richesse mobiliaire, sur les rôles), et des taxes sur les affaires — avec les chiffres des crimes principaux (1) nous trouvons :
Richesse maxime, 1885-86 {ContribîUion payée par chaque habitant: de fr. 33 à fr. 40) : Crimes contre
les
la bonne
Richesse
Provinces
itonnes mœurs
foi publique
Vols
Homicides
Fr. 74,9
Livourne
Romo
Naples
Milan
Florence
Gênes
Venise
Turin
Bologne
Crémone
Ferrare
Mantoue
Richesse moyenne (de fr. 20 à fr. 26) :
Crimes
contre
les
la foi
Richesse
Provinces
mœurs
publique
Vols
Homicides
Fr. 26,9
Port Maurice
Novare
Grosseto
Casorto
Cunoo
Ancone
Palernio
Locce
Bergamo
Forli
Cagliari
Perouse
(1) Los données sont toutes de Bodio (1879-83), sauf les toIs qui sont de Forri. — Les taxes et les impositions sont tirées de V Annuario del Ministero délie finanxe, Statistica finanxiaria {anni 1886-87),