‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 51 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

religieuse, politique, etc., est nuisible au lieu d' être avantageuse.

Spencer aussi avait dit de la richesse, que suivant la bonté ^ ou la perversité du caractère d'un peuple, elle conduisait au vice ou à là vertu ; et cela doit s' entendre de la richesse excessive, qui est comme Texcessive puissance, comme l'excessive instruction, un instrument naturel de despotisme, d'abus sexuels, alcooliques, etc., et par suite de crimes.

La richesse, en somme, est à son tour, tantôt un frein et tantôt un aiguillon du crime, coname du reste nous l'avons vu pour l'instruction, pour la densité, et pour la civilisation, etc., ^t conune nous le verrons pour la religion.

C'est là le critérium qu'il est plus nécessaire d'avoir en vue dans l'étiologie du crime ; car la même source, suivant les phases et les caractères, tantôt nous corrompt et tantôt nous préserve; et nous verrons alors disparaître les contra- -dictions qui sont toujours des faits, au même titre que les faits positife, et même nous les verrons contribuer à l'expli- <5ation complète.

De même dans l'Amérique du Nord, les États qui sont le plus frappés par la criminalité donnent tantôt le minimum et tantôt le maximum de la richesse, calculée directement sur les données obtenues individuellement par le recensement (1).

Nous y voyons les pays les plus riches, Ehôde Island (913 fr. par individu) donner une faible proportion de crimes, 8,11; •et le Massachusset, avec une richesse presque égale (888), -en offrir le double, 0,20, à peu près le même chiffre que la Colombie, 0,21, qui a une richesse moyenne (559), comme Wyoming qui en présente le double, 0,35. Quelques pays pauvres, comme Dakota (150 fr. par individu), Alabama (97), New Mexique (95), donnent les chiffres les plus bas de criminalité, de 0,04 à 0,03 ; mais nous voyons aussitôt surgfr la contradiction, car nous trouvons Delaware avec 0,05 et un «hififre moyen de richesse (408).

(1) Scribner's, StcUistical Atla^ of the United States^ 1880.

Nous avons vu dans les pages précédentes comment ea France et en Italie, augmente en général la criminalité, à mesure que progressent les industries sauf à changer de caractère : nous avons vu Artêne fournir le maximum de la criminalité en Italie, et cependant, observe Sighele, petsonne n'y est véritablement pauvi^, tous sont de petits propriétaires, etc.

Cela n' exclue pas que lorsque la barbarie est exagérée^ comme en Corse, les crimes contre les personnes augmentent do même qu'augmentent les vols simples, dans les années et dans le pays où la pauvreté est extrême.

Explication. — La cause de tout cela n'est que trop claire ; d'un côté la pauvreté et le manque du strict nécessaire poussent à dérober les choses indispensables à la satisfaction dea pix)pres besoins (1).

Voilà le premier lien entre la misère et l'attentat à la propriété.

W un autre côté : la misère rend 1' homme impulsif par l'irritation corticale qui suit à l'abus du vin et de l'alcool, ce terrible toxique auquel recourent tant de prolétaires pour assoupir les angoisses de la faim ; et surtout grâce à la dégénérescence que le scorbut, la scrofule, l'anémie, l'alcoolisme des parents engendre dans les descendants et qui se transforme souvent en épilepsie et en folie morale ; la misère pousse eUe aussi à commettre ces brutales éliminations d'individus qui sont à charge aux familles et rappellent les parricides et les infanticides dos sauvages pour des causes analogues.

La misère est indirectement cause de crivies contre les 77iœurs, par la difiR culte qu'ont les pauvres à se satisfaire par la prostitution, par les promiscuités précoces dans les fabriques et dans les raines; par la fréquence de Y infantilisme ou du féminisme chez les garçons (V. Homme Criminel^ Vol. 1).

(1) Mayb, Die G exetxmdssigkeit in Gesellsehaftleben Milnchen, 1877. — FoRNASARi, (rurr. cit.

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