PREMIERE PARTIE
analogies singulières avec la criminalité. Les aliénés des villes s'y élèvent au double de ceux de la campagne, comme 223 à 100 et les hommes y sont plus souvent frappés que les femmes comme 132 à 100. Les agriculteurs fourniraient le minimum des aliénés et les professions libérales le maximum ; parmi ceux-ci, les artistes, les juristes, fourniraient un chiffre bien plus fort que les employés et les ecclésiastiques.
Les études de Girard nous montreraient la fréquence de Taliénation mentale chez les domestiques, les ouvriers serruriers, les mineurs; suivant celles de Bini et de Golgi elle serait jfréquento parmi les cordonniers de 1,2 à 8 ^/^ des retirés dans les hospices et parmi les cuisiniers do 1,3 %. Zani aurait, lui aussi, noté sa fréquence chez les domestiques de 2 à 5 *^/q et le chiffre très fort, 5 ^/q, donné par les professions Ubérales.
D'après les recherches de Girard et de Baroflfio, les militaires fourniraient à la folie un des chi3Tes les plus élevés 1,40 ^/qq
Girard (Seino 1852; Lunier (France 1838-61)
Employés 1 sur 1G21 1 sur 727
Banquiers » 2571 » 5487
Domestiques .... * G09
Cordonniers et tailleurs . » 1S07
Propriétaires .... » 5547 > 3609
Agriculteurs » 11403 * 18819
Militaires » 553 > 1711
Mineui-s * 132
Ouvriers métallurgistes . > 732
Aubergistes, etc. . . . » 1700
Lolli sur plus de 1000 aliénés nota que pendant que les
Agriculteurs forment le 49 \ de la popul. ils donnent 34 \ d'aliénés
Artisans » 12,3 » » » 12,9 * »
Domestiques » 2,64 > > » 2,17 » »
Propriétaires » 2,78 » ■> » 6,23 »
Commerçants * 2,7 » » > 1,26 > »
Employés > — » > 1,32 » »
Clergé » 0,6 » » » 1,37 » >
Professions liber.» — > > 1,26 > »
des sains et 4 à 8 7o <iGS aliénés. Des études de Lolli, qui sont les seules que je connaisse en Italie^ établies sur une grande échelle, il résulterait une plus grande fréquence de la folie parmi les propriétaires, les gens aisés et les commerçants que parmi les classes agricoles, dans lesquelles elle serait aussi moins fréquente que chez les artisans.
Je dois enfin faire remarquer ici, que les professions qui accoutument à la vue du sang ou au maniement d'instrimients homicides, comme les professions de bouchers, militaires, etc. (Lasagna, Bertrand, Avinain, Legier), ou bien à une vie de isolement social ou sexuel, pasteurs, campagnards, prêtres (Dumollard, Grass, Mingrat, Leotard, Berthet, Frj^lay, Lacollange, Carpinteri, Crocco), surtout s'il vient s'y ajouter Texacerbation d'unç chasteté forcée, provoquent, tant chez les aliénés que chez les délinquants une férocité démesurée dans les actes, accompagnée souvent d'une monstrueuse lubricité ; notons aussi que les empoisonnements se rencontrent plus fréquemment parmi les chimistes et les médecins (Tayllor, La Pommerais, Demme, Palmer, Desrués, Moreau, Laserre, Buchillot).
Horreur du travail, — Mais il faut faire attention dans ces recherches, que les professions des criminels sont très souvent nominales ; et que leur véritable profession est... V oisiveté.
Nous avons découvert à Turin une étrange industrie, particulière aux criminels : c' est celle des faux menuisiers, des faux seiTuriers, fournis de tous les instruments de travail, afin de démontrer à la police leur propre laboriosité : mais leur travail n'est que simulé, ou bien juste autant qu'il faut pour échapper à l'admonition pour oisiveté; ce ne sont pas les moyens et l'occasion qui manquent pour travailler, mais bien au contraire la volonté.
Sichart (1) sur 3181 prisonniers en trouva 1347, c'est-à-
(1) Uchcr individuelle Faktorcn des Vcrbrcchcns dans la Zcilschrift fur die gcmmmtc Slraftrisscîisehaft, 1891, Erstes Tîoft.