‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 90 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

tation trop raffinée augmentent les vagabondages, les viols et les vols et en rendent moins facile la révélation; tandis que le juiy, le respect de la liberté personnelle, la facilité des grâces sont cause maintes fois de l'impunité du délit ; et les lois électorales, surtout, lorsque, comme en Amérique, elles s'étendent jusqu'à 1' ordre judiciaire, lui offrent un nouvel instriunent de puissance et de gains deshonnêtes. On a vu la camorra étendre ses ramifications sur la presse, siu* les élections des députés, et en Amérique sur celles des juges, grâce à quoi les pervers obtenaient un double avantage, le gain immédiat d'abord, et en suite l'assurance de l'immunité.

Guerre et séditions, — D'un autre côté : les perturbations politiques, les guerres et les séditions y prennent une large part; les entassements, les passions excitées, la facilité d'avoir des armes, le peu de vigilance de la part du gouvernement, sont des causes naturelles des associations de malfaiteurs qui finissent par devenir audacieuses, au point de se convertir en véritables événements politiques; comme le furent les massacres d'Alcolea et de la Commune de Paris, ceux récents du Mexique ou de la Nouvelle Orléans. Ces événements, devenus de nos jours extraordinaires, étaient autrefois très fréquents. Au moyen âge, la tyrannie des barons avaient donné au brigandage une apparence d'institution sociale qui s'exerçait sous prétexte de défense ou de vengeance des vassaux contre les seigneurs, qui à leur tour regardaient la rapine comme un noble métier.

Les dix années qui suivirent la restauration de Sylla fut l'âge d'or des voleurs et des pirates en Italie (Mommskn, Romische Geschichte^ 3-53).

A Paris, en 1793, à l'occasion de la distribution gratuite de pain, tant de vagabonds et de malfaiteurs s'y entassèrent, qu'on dut publier un avis aux étrangers de ne pas sortir de nuit, s'ils ne voulaient être dévalisés. Les voleurs poussaient Taudace jusqu'à barrer les grandes routes avec des cordes. Charles de Eouge était le chef d'une bande qui pillait les grandes

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fermes, où il se présentait comme Commissaire de la république.

Pendant la guerre napoléonienne, dans les pays envahis, une troupe de brigands appelée Vannée de la liine^ composée de faux soldats et de faux officiers pillait les vaincus et les vainqueurs (Tidoc^): il en fut de même, ici, à Tépoque des invasions des Huns, des Gothes et des Vandales. A notre époque, quand le Bourbon se retira à Rome, le brigandage sévit dans les Abruzzes ; et lorsque sous Murat, le métier de brigand devint dangereux, les Bourbons débarquèrent dans les Calabres les forçats de la Sicile : celui qui volait le plus était le mieux accueilli par le roi.

c Les actes criminels, écrit Colletta, perdirent de la sorte leur nature et le crime devint une source d'industrie, dont tout le royaume fut infesté ^.

Mais, aux yeux de celui qui connaît le caractère immoral de la guerre, cette recrudescence de la criminalité n'a rien d'extraordinaire. Spencer dans sa splendide étude sur la Morale où tant de portées de mon école sont entrevues, démontre que les peuples belliqueux sont et furent toujours les plus vicieux.

CJiefs, — Qu'à un moment do^né, dans un pays où foisonnent les éléments du crime, il se rencontre un malfaiteur de génie, ou de grande audace, ou bien ayant une influente position sociale, on y veira bientôt surgir et se multiplier les îussociations malfaisantes. C'est ainsi que les bandes de Lacenaire, Lombarde, Strattmatter, Hossel, Maino, Mottino, La (jala et Tweed durent leur origine et la longue impunité, à la grande intelligence de leurs chefs.

Cavalcanti était un brigand de tant de génie que presque tous ses sectaires, plus heureux que les généraux d'Alexandre, devinrent de terribles chefs de brigands, comme Canosa, Egi- (lione, etc.

La bande d'assassins et d'incendiaires de Longepierre, échappait à toutes les recherches, parce qu'elle était organisée et protégée par le maire du pays. Gallemand se vengeait de

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