‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 102 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mure et eux aussi la teinture de noix voniique, l'hydropathie, les douches froides (Kowalewsky), les bains d'air chaud imprégné de vapeur de térébenthine, les bains sulfureux, suivant les cas (arthritisme-névrose, neurastenie , déséquilibre mental, gastrite, cirrhose, auorésie, anémie, cachexie, etc.) et aussi le massage et la gymnastique. Eorel, Ladame, Buchnill, ont obtenu de bous résultats avec l'hypnotisme chez les individus qui en étaient susceptibles.

Forel, Kowalesky, Ladame, Legraiu, Magnau, ont introduit la cure rationnelle de livrogne par l'isolement, la privation absolue de toute boisson alcoolique pour une durée que Masson, Crother, le père Hirsch, estiment devoir être d'un an, Drysdale, Kraepelin de 9 mois, Forel de 4 mois à un an. Magnau conseille, en outre, une diète .légère corroborante; viande, légumes, fruits et aliments sucrés; pour boissons des infusions amôres (houblon, quassie amer) bouillon, thé, café (1). Ajoutons à ce régime le travail musculaire, surtout agricole, même pour l'individu non habitué. Mais, dit Magnan, ce qu'il faut surtout c'est la rééducation morale [La médecbm moderne^ Xov. 1S93) par des conférences, des lectures qui montrent à ces malades les périls et les dommages de l'alcool, et réveillent en eux les affections et le sens moral. Forel a fondé dans ce but à la campagne, l'asile d'Elletton, espèce de colonie agricole, sous la direction d'un père de famille qui est à la fois administrateur et éducateur de ses 30 à 40 pensionnaires; ceux-ci forment une famille, vivant

(1) Dans la Revue d'hygiène^ 1S95. Liidwig propose une boisson agréable dont la couleur et le goût rappellent le vin blanc mousseux. Elle se compose ainsi : sucre blond 1 kilogr., sucre rouge 1 kilogr., orge mondé 500 gr., houblon 30 gr.. coriandres 30 gr., sureau 25 gr., violettes 25 gr., vinaigre 1 litre, eau 50 litres. On prend un tonneau très propre et après y avoir pratiqué une ouverture carrée de 12 à 15 cm. à la place du bondon, on y jette d' abord le sucre, ensuite les autres ingrédients. On mêle le tout soigneusement et on laisse macérer pendant 8 joui's. On met ensuite la boisson en bouteilles en ayant soin de la coller avec de la toile ou autre et de se servir de bons bouchons. EUe revient à environ 7 centimes le litre et imite fort bien le vin.

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en commun d'une vie simple et fortifiante, s'encourageant mutuellement, occupés à un travail régufier, soumis à une abstinence absolue; on eut 65 ^1^ de succès et 34 % d'insuccès; les mêmes résultats on été obtenus aux États-Unis sur 3000 cas.

Magnan propose d' interner dans ces asiles spéciaux les individus atteints de délire alcooHque, même lorsque le délire a cessé et les ivrognes habituels au moins pour 17 ou 18 mois; les incurables pour un temps indéterminé, comme le prescrivait déjà une lois dans le canton de Saint-Gall en Suisse.

Les hôpitaux pour les alcooliques ont un double but : celui d'abord de garanth- la société en retirant les ivrognes, l'autre, de les mettre dans la meilleure condition pour les guérir et les corriger.

L'hospice devra également accueillir: celui qui aura commis un délit dans un accès d'alcoohsme; celui qui ama dissipé son avoir" et celui de sa famille par son intempérance, tout individu recueilli plusieurs fois en état d'ivresse sur la voie publique etc.; pour les uns, l'hospice sera un substitutif de la prison ou de l'asile d'aliénés, pour les autres un refuge momentané.

Celui qui aura perpétré un crime en état d'ivresse ou dans un accès d'alcoolisme, sera, sm- la décision d'experts qui auront constaté qu'il est dangereux, renfermé dans ces hôpitaux sans détermination préventive de temps.

Dans le cas où le crime aurait été commis par un ivrogne accidentel; et que le coupable soit trouvé parfaitement sain, il faudra, avant de le relâcher, rechercher s'il présente les stigmates anthropologiques et psychiques de dégénérescence avec tendances criminelles; et dans ce cas il devra être retenu jusqu'à guérison avérée: c'est-à-dire presque toujours à perpétuité.

Moyens préventifs contre l'influence de la richesse et de la misère.

Si, comme nous l'avons vu, la richesse excessive ou trop rapidement acquise exerce sur la criminalité une influence presque aussi néfaste que la misère ; il s'ensuit que les mesures préventives ne sont efficaces que lorsqu'elles combattent les excès de l'une autant que ceux de l'auti'e.

Ce qui s'impose ici, tout d'abord, ce sont des réformes qui apportent une plus grande équité dans la rétribution du travail et le rendent accessible à toute personne valide ; la lunitation, par exemple, des heures de travail suivant l'âge et le genre de ti-avail, surtout dans les mines et dans les métiers malsains ; l'exclusion dos femmes du travail nocturne^ sauvegarderait leiu' pudeur et leur santé tout en apportant une plus grande sonune de bien-être à un plus plus grand nombre de travailleiu's.

Pour atteindre ce but il ne suffit pas d'autoriser théoriquement les grèves ; il faut encore leur permettre de s'organiser pratiquement, en ne réprimant pas les boycottages, et les associations ouvrières, sans quoi la liberté des grèves n'est plus qu'une hypocrisie légale.

D'un autre côté : l'abolition des loteries, de beaucoup de fêtes, la facilitation des actes civils, l'adjudication aux communes de l'éclairage, de la viabilité, des écoles, de l'eau potable, de la panification, empêcheraient beaucoup d'escroqueries,

et pennettraient d'étendre à im plus grand nombre de travaillem-s les avantages du meilleur marché possible et de l'hygiène, dans les choses les plus nécessaires à la vie : tout cela pourrait s'effectuer sans secousses en atténuant, sans porter préjudice aux riches, les excès et les douleurs de la pauvreté.

Ou pourra s'opposer, d'auti-e part, aux excès de la richesse, eu faisant participer les travailleurs aux profits, en établissant des taxes progressives, surtout sur les testaments, taxes qui grèveraient et même annuleraient les droits d'hérédité des parents éloignés et les feraient échoir au profit de l'Etat et des invalides ainsi que les bénéfices des jeux de bourse et de hasard ; et de même que nous avons fait un grand pas vers V expropriation et la subdivision de la pi'opriété avec l'abolition des bénéfices ecclésiastiques et des iiiajorats, nous pourrions, sans trop de perturbation, en provoquer avec ces taxes une plus grande subdivision.

Pourquoi souffrons-nous que le paysan de la haute Italie mange un pain empoisonné, qui lui donne la pellagre, lorsque nous pom-rions l'en empêcher avec les lois que nous appliquons si bien dans les villes? Pourquoi souffi"ons-nous que les miasmes fébrigènes des champs le tuent, alors qu'une facile revente du sulfate de quinquina le sauverait?

Enfin, si la disette du charbon est un obstacle à Texpansion de certaines industries, le gouvernement pourrait faciliter le transport à distance des forces hydrauliques considérables dont nous disposons, en y dépensant nne minime part des sommes énoiines qu'il gaspille inconsidérément en luxes soldatesques et dans le faste officiel.

Et si d'autre part, les grandes propriétés rurales, en assurant la richesse de quelques-uns, perpétuent la misère et la maladie du plus grand nombre, pourquoi ne les exproprieraiton pas en faveur de l'État; et ne modifierait-on pas les plus préjudiciables contrats agraires en intéressant plus largement les paysans dans les profits ?

H. Georges démontre que si l'Etat confisquait les terres à son profit et les louait directement à des travailleurs habiles.

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