‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 103 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

outre une production plus élevée, il poui-rait fixer un salaire minimum bien supérieur aux salaires actuels, et encouragerait par là les ouvriers insuffisanmient rémunérés à se livi-er de préférence au travail de la terre. {Progrès et pauvreté^ 1892).

D'autre part, la misère des ouvriers due en grande partie à la diminution de la consommation relativement à l'excès de la production, entraîne inévitablement un abaissement des salaires, phénomène qui ne peut que grandir, étant donnée la concuiTeuce des marchés du Japon, de la Chine, de l'Amérique. Nous devons donc favoriser l'écoulement de la production en facilitant la consommation à un plus grand nombre d'individus par l'allégement des impôts, des douanes et sm-tout des taxes indirectes qu'on peut remplacer par d'autres qui ne soient pas au détriment de la santé et de la morale^ tels que les droits sur les alcools et sur les tabacs qui n'atteindraient que les riches et les vicieux.

L'Angleterre, pour réahser ces réformes, n'eut pas besoin de la formule socialiste; cet unique gouvernement sensé que possède l'Europe, sut prévenir tous les excès des classes populaires, d'abord dans la question Irlandaise, ensuite dans la question ou^Tière (celle des minem's, des déchargem's de charbon), en accordant la Uberté complète des gTèves, en concédant spontanément les huit heures dans tous les ateliers du gouvernement, et la parité des votes aux patrons et aux ouvriers dans les transactions arbitrales.

L'excès de la population étant à son tour une cause grave •de misère et de crime, nous devons diriger l'émigration des terres ti-op peuplées vers celles qui le sont moins.

Lord Derby disait :

« J'ai toujours été convaincu que si notre pays échappa aux plus grands maux qui affligent la société, ce fut grâce à ce que nous avons toujours eu, au delà des mers, des débouchés pour nos populations et nos industries ». L'Angleterre en effet, possède l'immensité de l'Océan, le monde pour .soupape de sûreté et la vapem- pour les mettre à profit.

L'Etat de\Tait aussi fonder des établissements de travail,

loin des grands centres de population, et particulièrement des colonies agricoles au cœur des provinces moins avancées dans l'art de la culture et où se fait le plus vivement sentir le besoin de défrichement et de bras ; il pourrait y envoyer pour un temps déterminé, les condamnés pour paresse ■ et vagabondage (1), et prélever sur le produit de leur travail leur subsistance et leur logement ainsi que les frais de transport,

La paresse ne peut être vaincue que par le travail obligatoire, de même que l'inertie musculaire d'un membre, resté trop longtemps en repos forcé, ne peut être vaincue que par le mouvement continué, violent et souvent même douloureux du membre lui-même.

En Westplialie, après que le pasteur Badelschwing eut introduit, comme mesure préventive de la mendicité et du vagabondage, une colonie de travailleurs libres, qui cultivaient les terres stériles, 12 autres provinces suivirent cet exemple et l'on eut par ce fait 15,000 travailleurs de plus; depuis lors le contingent des condamnations pour vagabondage et mendicité a diminué d'un tiers.

Une institution de ce genre fit décroître de la moitié les condamnations pour vagabondage dans le canton de Yaud. En Hollande 1800 personnes cultivant avec leurs familles les fi'outières du Drenta coûtent 24 francs par an par personne hospitalisée, tout en y faisant disparaître la mendicité.

L'immense misère de Baden en 1850, après la banqueroute des grands entrepreneurs de bâtiments, fut soulagée de 1851 à 1858 par Tômigration de plus de 12,000 artisans (Caepi, Délie Colonie^ op. cit.).

Coopération. — En Italie et en France, le premier secours doit toujours être apporté par le gouvernement et par les classes dirigeantes, parce que nous ne sommes pas habitués à nous tirer d'affaires tout seuls; tâchons cependant d'obtenir

(1) V. TIello, Des Colon, agr. pénitentiaires, 1865. — Saucerotte Les colon, agr., 1867.

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