DEUXIÈME PARTIE
indigents, elle les revend à un prix modique, ou les donne aux besoigneux.
D'autres agences procurent du travail à des femmes pauvres et se chargent ensuite de le vendre.
Et, note caractéristique, tout s'y régit de soi-même, sans qu'il V soit besoin de protecteurs. Les asiles, les hôtels de famille pour les domestiques et les institutiices, etc., ne sont jamais gratuits ; on pave peu, le moins possible, à échéances éloignées; mais, en somme, la société et l'asile sont maintenus par ceux qui en jouissent. — C'est là une espèce d'évolution de la charité qui lui enlève tout ce qu'elle a d'humiliant et la transforme en aide valide et efftcace.
Jl V a autant et mieux encore à Londres, la seule capitale du monde où le délit soit en décroissance.
Londres. — Asiles. Refuges. Secours aux pauvres. — Londres possède (1) environ 120 institutions qui en 1894 assistèrent plus de 18,000 individus avec une dépense de 173,000 livres sterlings. Les vieillards indigents ont naturellement le plus grand nombre de refuges — 20 — viennent ensuite les veuves — 12; il y en a pour chaque métier: pour les individus de nationalités et de religions différentes, pour les époux âgés et pauvres ; pour secourir les indigents à domicile, procurer des asiles de nuit et de l'ouvrage aux matelots qui débarquent dans lo port ; pour les alcooliques , les enfants des prisonniers et pour les prisonniers pauvres eux-mêmes. Toutes ces institutions sont reliées enti'e elles et dirigées par des Comités centraux.
Sociétés cr émigration. — Plusieurs sociétés s'occupent à leur tour de mettre un frein à l'accroissement de la criminalité et se proposent de favoriser l'émigration, particulièrement pour le Canada; elles fournissent des renseignements, aident et organisent des expéditions d'adultes ou d'enfants ; en 1894 elles firent émigrer 7565 personnes.
(1) Low's Hanclbook to the charity of London, 1895-96. London.
Sociétés de 'placements. — On j compte 21 sociétés qui ont pour but unique de procurer des emplois, d'autres placent les enfants comme décrotteurs, ou comme mousses dans la marine.
Orphanotrophes. — La sollicitude pour les enfants se révèle surtout par les 60 refuges accueillant 20,199 orphelins avec une dépense de 172,340 francs; d'autres sont destinés aux enfants de parents sobres — et récompensent ainsi indirectement la tempérance — ; enfin, les enfants ayant le père et la mère malades, sont considérés, avec une largeur dMdées exceptionnelle, comme orphelins et traités de même.
Institutions pour les enfants abandonnés. — Les institutions plus directement prophylactiques contre le délit sont incontestablement celles qui ont pour but la protection, le refnge, l'instruction des enfants abandonnés et de les recueilKr pendant les heures où leurs parents étant au travail, ils resteraient livrés à eux-mêmes. On en compte environ une soixantaine qui ont préservé des dangers de la rue en 1894, 32.300 enfants avec une dépense de 119.246 fi'ancs.
Institutions destinées à V éducation. — Ces institutions se subdivisent en écoles gratuites, écoles du soir et des jours de fête; certaines d'entre elles foiu-nissent en même temps la noiuTiture et les vêtements et sont souvent destinées à des catégories différentes de la population.
On en compte environ 40 qui ont instruit en 1894 plus de 16000 enfants.
Institutions pénitentiaires., de iprevoijance et de secours aux criminels. — Les institutions directement appliquées à diminuer la criminalité (sociétés de patronage pour les libérés de la prison, sociétés de protection pour les femmes périclitantes, sociétés de tempérance, refuges pour les alcooliques, lieux de récréation pour les fêtes et l'hiver, sociétés de propagande morale etc.), s' élèvent à plus de 84 et ont assisté plus de 67,000 individus en 1894.