PREMIERE PARTIE
iiissent im autre maximum à Venise, Ferrare, Kovigo, Padoue, Bologne, Rome, indépendamment presque de l'effet du climat (Ferri, Omicidio, 1895) — (Planch. II, 6).
Il en est de même en France, où l'on voit les assassinats et les homicides séw avec plus de rigueur au midi (PL III, 34; Planch. lY, 39), sauf quelques exceptions qui s'expliquent ethniquement.
Les parricides et les infanticides sont au contraire plus répandus dans le nord, le centre et le sud, sans que cela soit dû à une influence spéciale du cKmat, mais essentiellement parce que dans ces pays prédominent les causes occasionnelles (PL lY, 37; PI. Y, 36).
Influence orographique sur le crime — Géologie Terrains goîtrigènes, marécageux, etc.
Afin de rechercher les autres iiiflueuces, et spécialement les influences orographiques et ethniques, j' ai recours à la distribution géologique et orographique de la France de Reclus {Géographie)^ de Chassinaud, Etude de la statistique criminelle de France^ Lyon, 1881 ; de Collignon, Contribution à l'étude anthrop. de la population française, 1893; idem. Indice céphalique suivant le crime en France; Archives d' anthrop. crim.^ 1890) ; de Topinard, La couleur des yeux et cheveux {Arch. d'anthr., 1879); pour l'Italie: Livi, Saggio di risultati antroponietrici^ Roma, 189-4; id.^ SulV indice cefalico degli Italiani^ Roma, 1890 : pour la statistique des condanmés en France: à la Justice en France (1882), avec les moyennes des condamnés de 1826 à 1880 : aux belles œu\Tes de Socquet,. Contribution à V étude statistique de la criminalité en France^ de 1876 à 1880, Paris, 1884: de Joly, La France criminelle^ 1890; à l'Atlas àoïVOmicidio de Ferri, 1895, qui surpasse tout ce qui a été fait jusqu'à présent en Italie et en France sur cette question : et enfin à de très belles statistiques pénales de Bodio.
1. — Géologie. — Mes recherches antérieures m'avaient déjà prouvé que les conditions géologiques ont ti'ès-peu d'influence sm- les crimes politiques, la proportion des soulèvements étant à peu près également distribuée dans les différents terrains, en France, sauf une petite disproportion pour les terrains jurassique et calcaires (Yoir Délit politique^ p. 77).
La même remarque se peut appliquer à la distribution des.
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crimes contre les personnes en France, où pour la durée de 54 ans nous trouvons :
21 °;'o pour les départements en prévalence de terraiues jurass. calcaires 19 °/o :> » » » granitiques
22 °/o » :> 3> » argilleux 21 "lo •> » » :> alluviens
Avec des diftcrences presques nulles, on observe les mêmes proportions pour les crimes contre la propriété.
2. — Orographie. — En étudiant le rapport de l'orographie avec la proportion des crimes conti'e les personnes tentés ou consommés durant 54 ans en France, nous voyons que la proportion minimum 20 °'o se trouve dans les départements de plaines
» moyenne 88 ";'(, » » » collines
» maximum 85 "/p » :;> » montagneux
sans doute parce que la montagne offre plus de facilité aux embuscades et qu'elle abrite des populations plus actives.
Je ne doute pas qu'il n'v ait un rapport réel entre la criminalité et la plus grande activité, car j'ai trouvé la même repartition en France pour la génialité et les tendances révolutionnaires plus fréquentes dans les départements montagneux 50 % et moindres dans ceux de plaines (Voir Crime politique, cli. lY).
Quant aux viols, égaux ou à peu près dans les terrains montagneux 35 7o — ©t de collines 33 % — ils sont beaucoup plus nombreux dans ceux de plaines, où ils atteignent le 70 %, certainement parce que la population y est plus dense et plus nombreuses grâce aux grandes villes.
On peut eu dire autant, et pour la même cause, des crimes conti-e la propriété ; car, à l'inverse des crimes contre les personnes, ou les voit s'élever davantage dans les contrées de
plaines jusqu'à 50
diminuer dans celles de collines jusqu'à .... 47
» » » de montagnes 43 ^^
En Italie, toutefois on ne peut saisii- aussi clairement un
rapport orographique. jS'ous les voyons (Eerri, Atlas) fournir le maximum, outre 201 par 100.000 habitants dans la plaine (kl Pô (Nord de l'Italie), à Bologne, Ferrare, Yenise-plaine et dans les Calabres, qui sont niontueuses et marines, comme dans la province de Livourne.
Au Tonquin la piraterie est favorisée par le système d'irrigation qui facilite l'œuvre des bandits sur le littoral (Corée,. JEthnol. Orim., 43).
3. — MaVaria. — En étudiant les régions de l'Italie, qui d'ajDi'ès la très belle planche de Bodio 1 894, paraissent le plus cruellement fi-appées de la mal'aria, qui y cause une mortalité de 5 à 8 par 1000 hab., et qui sont Grosseto, Ferrare, Yenise, Crème, Yerçeil, Xovare, Lanciano, Yaste, S. Severe, Catanzaro, Lecce, Foggia, S. Barthélémy en Galde, Terracine, Sardaigne, nous voyons que l'intensité du fléau coïncide avec le plus grand nombre des crimes conti-e la propriété dans 5 pays sur 13, à Grosseto, Ferrare, Sardaigne, Lecce, Eome.
Pour les homicides, tout rapport manque avec la mal'aria ; on note même que dans la Sardaigne méridionale, où elle sévit le plus, il y a moins de crimes que dans la partie septentrionale (PI. I, 3) : on peut en dire autant des crimes contre les bonnes mieurs ; le même fait s'observe aussi en France, où le Morbihan, les Landes, le Loir-et-cher, TAîn, qui sont plus frappés par la maFaria, ont des chiffres plus faibles d'homicides et de viols (PI. III).
4. — Centres goîtrigènes. — Les grands centres crétinogènes et goîtrigènes de l'Italie, qui ont une si grande influence sur l'hygiène et sm- l'intelligence des habitants (Ij, comme Sondrie, Aoste, Xovare, Coni, Pavie, n'ont pas une influence aussi éclatante sur le crime; ils sont tous au dessous de la moyenne quant à l'homicide, les vols et (sauf Sondrie) quant aux crùnes contre les mœurs.
(1) Voyez V Homme de génie, 6'"*' éd., p. 17(3, ot mon Grime politique^ ler Partie.