PREMIERE PARTIE
La même remarque se peut appliquer en France, où si les Basses et les Hautes Alpes, les Pyrénées Orientales ont un contingent élevé de goitreux et en même temps d'homicides, 9,76 par million d'iiiibitants ; la Lozère, l'Aiiège, la Savoie, le Doubs, le Puy-de-Dôme, l'Aisne, la Haute Vienne, ont également beaucoup de goitreux vrais peu d'homicides, de 1 à 5,7 par million d'habitants: il en est de même pour les vols qui sont en nombre minime dans tous les pays goîtrigènes, excepté dans le Doubs, les Vosges, les Ardennes.
Un fait digne de remarque cependant c'est, que dans presque tous les pays oii prédomine le goitre (Bergamo, Sondre, Aoste) on a observé une plus grande cruauté mêlée de lascivité dans les crimes ; mais pour s'en apercevoir il faut en faire l'étude par arrondissement (1).
5, — MoriaUté. — Siu' 23 départements français qui ont une moitalité minime (2), 7 =z 30 7o7 surpassent la moyenne de ce pays, dans les assassinats, ce sont : le Lot et Garonne, l'Aisne, la Marne, la Côte-d'Or, TEure, la Haute-Saône, l'Aube, donnant une moyenne d'assassins de 13,9 %q (Ferri, Atlas).
Sur 18 départements de mortalité moyenne, 6 zz 23 *^/q, dépassent également la moyenne des assassins, ce sont : l'Liclre et la Loire, l'Aube, les Basses Pyrénées, l'Hérault, le Doubs. la Seine et Oise, les Vosges. Ces 18 départements fournissent une proportion générale de 15,4, c'est-à-dire peu différente des premiers.
(1) Toutefois, dans une étude faite ou 1890-94 par M. le Procureur du roi d' Aoste, je trouve :
Aoste : Homicides 0,49 par 10.000 hab. — Turin 0,75
Blessures 2,9 > » » — •* 12,00
Viols 0,40 » » » — » 0,56
Vols 44,00 » » » — » 24,00
donc avec la seule prépondérance des délits de vols, qui doivent être champêtres et par conséquent occasionnels et de nulle importance.
(2) Bertillox, Démographie de la France, 1878.
Sur 25 départements ayant une mortalité maximum, 7 ^z 28 % surpassent la moyenne des assassins ; ce sont : les Basses Alpes, l'Haute Loire, la Seine, la Seine inférieure, les Bouches du Rhône, la Corse et le Yar : donnant une moyenne générale de 28 "/q. Si cependant on élimine les deux derniers départements, qui fournissent des chiffres exagérés, la différence devient bien moindre (20 °/q).
Quant aux vols, sur 24 départements avec mortalité minime, 14 surpassent le 90 7ooi donnant une proportion de 102,4. Sur 18 départements de mortalité moyenne, 7 surpassent de peu le 90 ^/(^q des vols, donnant une moyenne générale de 91 ^oo-
Sur 25 départements ayant une mortalité minime, 8 dépassent le 90 °/oo? donnant une moyenne de 105.
En somme ; on peut affirmer qu'entre la mortalité et le vol il n'existe pas de correspondance, pendant que pour les assassinats il y a parallélisme avec la plus grande mortalité; il en est de même en Italie pour la Sicile, Sardaigne, Basilicata.
Quant aux révoltes elles prédominent également dans les pays où la mortalité est plus forte:
Sur 27 départements français avec mortalité minime, on comptait 15 rebelles, Républicains sous l'Empire, 12 conservateurs.
Sur 27 départements avec mortalité maximum, 20 rebelles, 6 conservateurs (1).
(1) LoMBROSo, Grime politique, 1890.
Planche III.
GEOGRAPHIE DU CRIME
OMICIDIO SEMPLICE (meurtre)
1 — |Sollo 3, 0 -