‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 121 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

•pas à celle qu'effectivement reçoivent des jeunes gens honnêtes jnais faibles, que l'on met en contact avec les vicieux.

Pour ceux d'entre eux qui arrivent de la campagne, oii ils ne pouvaient, faute d'occasion, s' instruire ou s'associer dans le mal, ils trouveront ici l'association malfaisante toute formée.

Je n'admettrais, donc, les maisons de réforme que dans des cas exceptionnels et seulement pour un petit nombre d'individus, divisés par classes, selon les âges, les aptitudes, la moralité; et séparés la nuit dans des cellules, tout en jouissant d'une liberté relative, et sans note d'infamie ; je voudrais qu'il n'y entra que ceux, qui, par leur pauvreté ne peuvent être accueillis dans les collèges militaires ou de marine ; quant aux parents riches, qui voudraient y faire interner leurs enfant, ils devraient payer une forte taxe, proportionnée à leur revenus.

Méthodes éducatives. — Si quelque succès se véilfie quelquefois dans nos maisons de réforme, malgré leur organisation défectueuse, c'est grâce à ce qu'on y habitue le jeune homme va un travail continué, rhytmique, régulier, auquel se refuse ordinairement le criminel-né, ce qui permet plus aisément de le distinguer des autres et de le sélectionner, tout en facilitant le passage à l'honnêteté physiologique de ce que nous appelons la sub-criminalité physiologique-enfantine.

Don Bosco (1), nous a tracé une excellente pratique pour l'éducation des jeunes réformables. « La plupart — dit-il — ont un caractère et un tempérament ordinaire, mais inconstant ■et incliné à l'indifférence ; ils ont besoin de brèves mais fréquentes recommandations, d' avis et de conseils, il faut les encourager au travail, en leur accordant de petites récompenses et leur démontrer une grande confiance, sans cesser de les sm^veiher. Les. efforts et les sollicitudes doivent être spécialement appliqués à la catégorie des écoliers indisciplinés. On peut les

(1) BoxETTi, Cinqiic lustri cli storia deW Oratorio salesiano, Torino,

évaluer â 1 sur 15 ; mais le vice le plus à redouter est assurément la lubricité : si un d' entre eux s' y obstine, il faut l'expulser.

« Les jeunes détenus ne doivent garder sur eux aucun objet de valeur ou d'argent ; on préviendra ainsi les vols et les contrats auxquels ils sont très inclinés, étant des négociateurs-nés.

« Le système répressif pourra évidemment empeclier

des désordres, mais il n'améliorera pas les âmes ; car, si les enfants oublient aisément les punitions des parents, il se souviennent toujours de celles des éducateurs ; la répression peut être utile dans la milice et en général aux personnes adultes et avisées; mais ce qui convient aux enfants c'est le système préventif.

« Ce système, entièrement basé sur la raison, la religion et l'amour, exclut tout châtiment violent.

« Pour comprendre les avantages d'un pareil système, il faut se rappeler la grande mobilité de 1' enfant, qui lui fait oublier les règles disciplinaires et les châtiments qu'il encourt, transgressant souvent une règle et se rendant passible d'une punition à laquelle, h l'instant de l'action, il ne pensait pas du tout: il aurait certainement agi autrement si une voix amie l'en avait averti » .

« 11 faut faire en sorte que les élèves ne soient jamais seuls et leur donner ample faculté de courir, sauter, crier autant qu'ils veulent. La gymnastique, la musique vocale et instrumentale, la déclamation, le petit théâtre improvisé, les promenades, sont autant de moyens efficaces pour obtenir une bonne discipline, tout en étant utiles à la morale et à la santé, à condition, toutefois, de choisir avec soin le sujet à représenter et de n'y laisser intervenir que des personnes honnêtes » .

Nourrissonage moral. — Mais, c'est surtout l'exemple des maîtres qui a, ici, le plus d' influence ; car l'homme est plus entraîné par les exemples que par les raisonnements (Bagehot). 11 faut mettre tout en œuvre pour trouver ces maîtres excep

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