DEUXIÈME PARTIE
vres, honteux de leur misère ; mais de toute façon, à leur sortie de l'asile, à cet âge auquel les enfants sont le plus inclinés à mal faire, il n'y a plus pour eux aucun refuge spécial et il se livrent au vagabondage
On obvierait de la sorte à 1' affaiblissement de F autorité pa,ternelle, qui est un des plus graves dommages et une des causes majeures de la criminalité (non moins de 20 °/q parmi les enfants des personnes aisées), et cela sans détacher l'enfant de son nid à cet âge où justement il a le plus besoin d'air et de mouvement, et sm-tout de soins et de contacts avec la famille.
On le soumettrait ainsi à un traitement plus doux et plus conforme à son âge et à sa nature ; on le dispenserait de fatigues disproportiomiées à ses forces, tout en s' occupant surtout de son développement physique.
Mais ce n'est pas tout ; la maison correctionnelle coûtant trop cher ne peut être appliquée sur une grande échelle, tandis que les maisons de réforme externes, plus adaptées aux impubères, pomTaient réellement étendre leur action en raison directe des besoins ; et alors même que la dépense en serait élevée d'ailleurs, ce qui n'est pas, elle serait largement compensée par la diminutions des criminels.
Nous en avons une preuve directe dans les deux Eécréatoires de l'enfance de Milan, oii, parmi les 700 enfants de la classe infime, qui y furent recueillis depuis 1840, après leur sortie des asiles, il n'y a pas eu un seul condamné (Sacclii), tandis que la moitié des détenus des maisons correctionnelles sont sortis des autres asiles.
Il suffirait certainement, dès à présent, de laïciser ces oratoires, où on recueille, le dimanche, les enfants (il y en a 3000 à Milan) pour d'inutiles prières, interrompues de tristes et longues heures d'oisiveté, et de les acheminer dans une voie plus rationnelle en en étendant le bénéfice à toute la semaine.
Raggecl Schools. — Il existe à Londres une institution qui tient le milieu enti'e l'asile obligatoire de Spagliardi et l'asile
volontaire de Barce ; c'est celle de VHome for Utile boys. Ce sont de véritables petits villages internes ou colonies dédiées aux enfants malheureux : ils y sont divisés par groupes comme autant de familles, on leur enseigne les états de cordonniers, valets de chambre, mécaniciens, agriculteurs {B. de discipline carc.^ 1876, pag. 197). Citons encore les Ragged Schools^ où on les instruit tout en leur fournissant des vêtements, des ahments; et où les plus pauvres, les abandonnés et les orphelins trouvent en même temps un refuge pour la nuit. Cette institution^ qui ne coûte rien au gouvernement, fut fondée en 1818 avec quelques vagabonds recueillis dans les rues de Londres ; en 1869, elle ne comptait pas moins de 23.498 succm^sales avec 3.897.000 bénéficiés répandus dans les quartiers les plus pauvres et divisées suivant les diverses industries. Ces écoles forment un lien subKme entre les classes élevées et les classes inférieures ; c'est là qu'on vit, pendant 34 ans, un chanceher d'Angleterre enseigner tous les dimanches l'alphabet. Les recouvrés y entrent et en sortent spontanément, ils j sont en grande partie conduits par la police et beaucoup s'y maintiennent avec leur propre travail; c'est ainsi qu'en 1860 on y comptait 368 décrotteurs, chacun desquels apportait chaque jour à la société 6 deniers.
Autres mesures miglaises pour les jeunes gens. — Une autre mesure anglaise digne d'êti-e imitée, est celle qui oblige les parents des enfants qui ont failli par leur faute, à contribuer à leur détention d'un penny pour chaque schelling de leur salaire ; ils sont ainsi intéressés à les garder près d'eux et à ne pas considérer leur internement comme un avantage.
Nous avons vu les miracles de la société pour la protection des enfants; une autre belle institution c'est celle de la Boy' s Brigade (1), qui enrégimente par centaines les petits vagabonds des rues. Elle fut instituée à Glasgow par W. A. Smith en 1883, et en 1891 elle comptait déjà 20.000 jeunes
(1) Voir Revue du Christianisme pratique, 1892. Vals.