‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 123 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les enfants cassèrent d'abord les vitres en criant : « A bas les écoles ! » mais la liberté même de ne pas y aller, vainquit les plus récalcitrants; et la méthode objective, frobeliane, finit par les séduire.

L'institution se perfectionna par la suite avec les placements des enfants dans les fermes éloignées, où leur travail est mieux utilisé et par suite préféré, et où ils sont à l'abri des mauvaises influences des grands et des petits centres, où l'ouvrier enfin étant toujom-s en contact avec son patron y est mieux surveillé et s'y trouve comme dans sa famille.

Le contact continuel avec la bonne ménagère fait des jeunes filles de bonnes femmes de chambre ; et celui du patron transforme les garçons eu excellents colons ; car, en vivant dans une atmosphère de bonté, de sympathie et de travail, stimulés au bien par l'amour propre et par l'espérance d'ane meilleure position, n'ayant d'autre part aucune incitation au vol, pas. de mauvais compagnons, ils abandonnent, avec leurs vêtements sordides, beaucoup de leurs vices, et trouvent dans les . champs et dans les différentes cultures une issue à leur activité.

Quand ils sont trop délicats la société paie leur entretien jusqu'à ce qu'ils aient acquis la force de travailler; elle les retire aussi lorsqu'ils ne sont pas assez robustes.

C'est ainsi que cette société a placé, en moins de 23 ans,, 35 mille enfants abandonnés et sans asile, outre le contingent élevé (plus de 23 mille en 1875) recueilli par les écoles industrielles, dont 21 diurnes, 1-4- nocturnes, dans lesquelles, ils sont nourris et vêtus, et dans les 6 maisons de logements {lodging) et après y avoir contracté des habitudes d'ordre et depropreté et fréquenté les écoles du soir et du dimanche, ils sont placés à la campagne, et tout cela avec une dépense qui ne surpasse pas dix millions de francs.

Beaucoup de ces enfants sont adoptés par leurs pati'ons ; d'autres, grâce à leur travail ont implanté de nouvelles fermes, ou sont devenus professionniste ou prêtres ; beaucoup des filles sont d'excellentes mères de famille: ti-ès peu retournent à Xew-York, quelques-uns changent de place, comme tous..

les serviteurs; mais bien peu, pas plus de 6 sur 15 mille, ont eu maille à partie avec la justice.

A New- York, en effet, depuis la création de ces institutions en 10 ans

les vagabonds sont descendus de 3829 à 994 les voleurs » » » 1948 » 245

les pick-pockets » » » 465 » 313

C'est là, continue Barce, le seul établissement vraiment utile pour les enfants vagabonds, qui, réunis ensemble, ne pourraient que se corrompre mutuellement, tandis que par ce moyen on améliore la terre par l'homme et l'homme par la terre.

Yoilà assurément une bonne thérapeutique criminelle !

De quelle efficacité ne serait-elle pas dans quelques régions de ritahe, où on élève volontiers les petits exposés des hôpitaux, afin d'avoir plus tard le secours de leurs bras dans les champs !

Eestent les enfants maladifs, inhabiles aux travaux de la campagne : on tiendrait pour eux quelques lits séparés, dans les mêmes écoles, comme on fait justement dans les ragged schools d'Angleterre.

Maisons de réforme exteryies pour V enfance. — Mais, lorsqu'on ne peut créer des institutions de bienfaisance spontanées, on peut les remplacer par cette institution, que l'abbé Spagliardi appelle Maison de réforme externe pour l'enfance, qui est bien plus facile à initier; c'est un asile obligatoire diurne pour les enfants réfractaires de 6 à 12 ans, que l' incurie ou l'incapacité des parents laisse dépourvus de toute éducation et qu'on ne peut accueillir dans les asiles ordmaires. On y internerait aussi les jeunes vagabonds habituellement associés sur les places publiques.

« Même dans l'asile enfantin, dit ce vaillant philanthrope (1), tous les enfants pauvres n'entrent pas, surtout les plus pau-

(1) Compte rendu de la réunion des sociétaires de V œuvre pieuse ■ des maisons de réforme de la province de Milan, 1872.

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