DEUXIEME PARTIE
enfants des deux sexes de 3 à 5 ans, V Hoiise de Jersey pour les enfants de 4 à 9 ans. Ailleurs il reçoit les enfants de 10 à 15 ans^ etc. Dès que ces derniers ont 13 ans, Barnardo tache de les cuirasser au travail, de les rendre résistants à la fatigue, de les entraîner, en somme, comme l'exige la vie à laquelle ils sont destinés ; mais aux petits enfants
Fiffure 4.
malheureux, aux nourrissons, aux petits orphelins abandonnés, Barnardo a voulu donner, si non tout le luxe, au moins tout le comfort des enfants élevés et caressés dans le milieu de la fîmiille : lem* asile est situé au mUieu de jardins, ils ont des nurses jeunes et bien mises, des chambres pleines de lumière et de soleil, ils sont vêtus de blancs avec leurs petits bras nus; ils ont des jouets, des oiseaux, de petites voitures et de beaux petits lits.
Si à tous les enfants recueillis le docteur ne peut fournir l'aisance complète, le bien-être, ils veut au moins le donner aux plus petits !... Dans son journal Night and day on voit la photographie d' un de ces dortoirs, couvert d' estampes coloriées, avec un grand cheval se balançant au fond et des petites cages d'oiseaux suspendues à côté des petits lits!
Devant ce tableau on pense avec tristesse à la mélancolie de nos bréphotrophes, de nos crèches, où les enfants sont tenus comme des bêtes à l'étable et où tout se passe comme dans des tombes de vivants!
Une succursale en campagne de cette maison des enfants. Le Nid des oiseaux^ fut fondée parce qu'une petite fille de 3 ans recueillie dans l'institution, ne pouvait s'y habituer et pleurait tout le jour. Le cas fut porté au conseil et une collaboratrice de Barnardo, Miss Blanche Wattelej en trouva de suite la solution : si la petite ne pouvait s'adapter en ville, on lui ferait une maison à la campagne; c'est ainsi que surgit The Bird's Castle.
Après les avoir arrachés à la misère et au délit et les avoir initiés à un travail, Barnardo, pour compléter son œuvre, les expédie au Canada, où il possède une agence qui les place dans des fermes et les surveille, passe des contrats avec les fermiers pour 3 ou 5 ans, v compris la nourriture, le logement, et de 50 à 100 dollars par an de gages.
Ils sont ainsi arrachés au système pernicieux de l'entassement par quartiers et en même temps transplantés dans un nouveau milieu où se taisent toutes les fébriles stimulations de la vie industrielle à pression forcée de notre civilisation.
C'est avec un égale sentiment représentatif et psychologique des besoins et des facultés de ses protégés, que Barnardo a organisé l'institution poiu' les filles.
Elles ont un petit village tout à elles dans un lieu charmant, à une courte distance de Londres, composé de 30 maisonnettes entourées de jardins, avec des noms de fantaisie, comme Fleur de pois^ Thym sauvage^ etc. Chaque maison contient 20 jeunes filles surveillées par des mères de famille:
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car le docteur Barnardo, pense avec raison, que si l'empreinte réglementaire pervertit un garçon, elle déprime complètement une jeune fille, dont le tempérament demande, poiu' se développer convenablement, tous les détails domestiques de la vie de famille.
Le Barrack System^ c'est-à-dire la vie de caserne, peut très bien, dans certaines conditions déterminées, avoir quelque réussite, appliquée aux garçons, pourvu que ce soit pour un temps ti'ès limité, mais elle ne serait d'aucune efficacité pour les filles qui n'y apprendraient rien de ce que doit savoir l'épouse du pauvre: à faire les achats, consoler l'enfant qui pleure, coudre, tandis qu'elles apprennent tout cela au Cottage sijstem; et en effet, Barnardo en place 200 par an au Canada, €11 elles sont très recherchées.
Les bienfaits de cette méthode d'éducation ne peuvent être mis en doute quand on considère la série des sauvés que me présentèrent les délégués de la Salvation Army et ces histoires <3itées par Barnardo, et contrôlées par les photographies qui nous démontrent avec une évidence incontestable la transformation non seulement psychique, mais encore somatique du criminel, devenu réellement, grâce à lui, un autre homme.
« Jobe, par ex. (Fig. 5) (Y. H. criminel, Atlas XCIII), avait 15 ans lorsqu'il fut admis; sa mère était morte depuis 3 ans à l'hôpital, d'un cancer; son père paresseux, ivrogne et phthisique était souvent emprisonné; Jobe abandonné à lui-même à sa sortie de l'asile avait d'abord fait le marchand ambulant; puis étant sans abri et sans ressources il fut entraîné par de mauvais sujets et devint un vagabond fini, mendiant aux •coins des rues, vendant des allumettes, etc. Il est maintenant sobre, ne fume pas; c'est un garçon très apprécié qui s'est aussi très avantageusement développé au physique. Avec 8 livres steiiings dépensées par l'institution pour son éducation -et 10 pour le voyage il est devenu le citoyen indépendant ■d'un nouveau pays [Night and Bay^ 1895).
« James (Fig. 6), 14 ans, de Liverpool, habitait avec une sœur mariée, mère de trois enfants, dans une espèce de cave
que la police fit évacuer; il avait déjà été plusieurs fois mis eu prison pour mendicité et pour avoir été trouvé en compagnie de criminels connus; il fut envoyé au Canada et de là à Dominion 011 il fut engagé dans une ferme et bien que dans les premiers temps il causât de l'embarras par sa conduite irrégulière, il s'est maintenant complètement amendé.
Oh! âmes généreuses de Don Bosco, de Brockway, de Barnardo, recevez de ces pages, où le crime erre, sombre et
désespéré — nell'ae?' senza tem/po iinio^ — un salut, oh ! vous qui seuls avez su y apporter un rayon de lumière — en nous ouvrant l'unique voie possible de prévention du crime !
Cure mcdicale. — Après les tentatives de suggestion morale, on doit essayer la cure hypnotique; quoiqu'on ait exagéré sou efficacité, il est certain qu'on peut au moins momentanément polariser avec les pratiques hypnotiques certains penchants en donnant à l'esprit une direction opposée ; ou