‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 130 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

On voit, d'après tout cela, combien est grande la nécessitéde changer nos idées sur la prison,

Sf/stèwes graduels. — Chacun compreudi-a maintenant pourquoi les pénalistes, n'ayant dans les mains que ce triste instrument essaient de le modifier et de le perfectionner ; de là les grands applaudissements au système irlandais. Ce système consiste à faire passer le criminel d'une première période d'isolement cellulaire, ne surpassant pas neuf mois, réduisible à huit et dans laquelle il n'a qu'une nourriture végétale, un misérable vêtement et une monotone occupation d'effilochage, à un second stade de travail collectif, diurne, rigidement surveillé, se di\'isant en quatre catégories les unes plus privilégiées et plus avantageuses que les auti*es, dans lesquelles il passe successivement après avoir obtenu par son travail et sa bonne conduite un certain nombre de points de mérite.

Dans la première catégorie la porte de la cellule reste ouverte le jour, le travail n'est pas payé, mais il peut être récompensé avec un penny] après avoir obtenu 54 points de mérite, le détenu passe successivement dans les autres catégories oii il reçoit une compensation de plus en plus grande, l'instruction mutuelle, et se trouve en contact avec le public et ainsi de suite.

Ce stade écoulé — commence pour les détenus celui de la, presque complète indépendance (prison intermédiaire) dans les champs; ils sont vêtus de leurs propres vêtements et reçoivent un appointement, ont la permission de s'absenter et sont en contact continuel avec les personnes du dehors.

De ce stade ils passent jusqu'au terme de leur peine, à celui de la Uberté provisoire sous la sm-veillance de la police qui leur fait, en cas de rechute, reprendre le chemin de la prison. Avant d'en sortir, ils sont enregistrés, photograpliiés. et avertis qu'à la première faute ils seront réintégrés en prison; dès qu'ils sont arrivés à la destination qui leur est assignée,, ils se présentent à la police et doivent s'y représenter chaquemois ; celle-ci les patronne et les aide à trouver un métier.

C'est là im superbe moyen de matérialiser et de faire aimer la vertu ou du moins le travail à ces esprits grossiers et oisifs.

Le criminel peut de la sorte obtenir une économie de peine et l'Etat une économie d'argent qui peut aller de Yo à, 1/3, et comme toute nouvelle faute comporte une régression aux premiers stades qui est la peine la plus redoutée; les antres peines disciplinaires deviennent inutiles dans ces stades intermédiaires.

Les résultats obtenus en Irlande, par cette réforme, furent satisfaisants, du moins en|apparence : depuis 1854, époque à laquelle elle fut introduite, on nota une diminution remarquable de crimes.

On y comptait 3933 détenus, 710 entrés dans le cours de l'année.

Ils sont descendus :

En 1857 il 2614 détenus, 426 entrés dans le cours de l'année » 1860 » 1631 » 331 » 1869 » 1325 » 191 » » 1870 » 1236 ^ 245 »

Ajoutons que cette réforme concilie l'économie, qui veut dire la possible application, — à la psychologie criminelle parce qu'elle permet un passage graduel à la liberté complète; et fait de ce rêve éternel du criminel un instrument de discipline et d'amendement; elle offre en outre le moyen de vaincre la défiance du public envers les libérés et fait naître la confiance de ces derniers en eux-mêmes.

En Danemark, les détenus restent en cellule nuit et jour et y travaillent à leur propre avantage. Les condamnés incorrigibles ou les récidivistes, après 6 ans, vivent en commun dans une prison spéciale et n'ont d'autre récompense à leur bonne conduite, que la liberté de travailler dans les champs contigus aux prisons. — Ceux qui sont jeunes et qui peuvent encore être amendés, ou ceux qui sont condamnés pour la première fois pour délit peu grave, de 3 mois à 6 mois au plus, •demeurent dans une prison cellulaire spéciale. Ils sont divisés ;suivant leur conduite en divers stades : dans le l®*" (de 3 à 6

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