‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 142 sur 190 · SYNTHÈSE ET APPLICATIONS PENALES · texte numérisé non relu

SYNTHÈSE ET APPLICATIONS PENALES

Chapitee I.

L'atavisme et l'épilepsie dans le crime et dans la peine.

Tout ce que uous avons exposé dans ce livre et dans ceux qui le précèdent (vol. I et II de V Homme crimmel) prouve clairement l'inanité de l'ancien échafaudage criminologique. Avons-nous réussi à lui substituer un édifice plus solide ?

Si l'orgueil pour un travail long et pénible ne nous aveugle pas, c'est affirmativement que nous pouvons répondre. Et avant tout, il ne peut subsister aucun doute que nous devons, bien plus que le crime abstrait, étudier le criminel, qui, lorsqu'il est congénital, présente, dans une proportion qui va jusqu'au 35 %, de nombreux caractères spécifiques presque toujours ataviques.

Ceux qui nous auront suivis jusqu'ici am'ont pu se convaincre, en effet, que beaucoup des caractères que présentent les races sauvages, se retrouvent très souvent chez les criminels-nés. Tels que, par exemple, le peu de développement du système pilaire, la faible capacité crânieuse, le front fuyant, les sinus frontaux très développés, la plus grande fréquence des os "Wormiens, les synostoses précoces, la saillie de la ligne arquée du temporal, la simplicité des sutures, la plus grande épaisseur des os crâniens, le développement énorme des mâchoires et des zygomes, le prognathisme, l'obliquité des orbites, la peau plus pigmentée, la chevelure plus touffue et crépue, les oreilles volumineuses; ajoutons l'appendice lémurien, les

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anomalies de l'oreille, le diasthème dentaire, la grande agilité, l'obtusité du tact et de la douleur, la grande acnité visuelle, la disvulnérabilité, l'obtusité des affections, la précocité des plaisirs sensuels (1), la plus grande analogie des deux sexes, la moindre corrigibilité chez la femme (Spencer), la paresse, l'absence de remords, l'impulsivité, l'excitabilité physico-psychique et surtout l'imprévoyance, qui ressemble parfois à du courage et le courage s'alternant à la lâcheté; la grande vanité, la passion du jeu et des boissons alcooliques, la violence et la fugacité des passions, la superstition, la susceptibilité exagérée de la propre personnalité et même la conception relative de la divinité et de la morale.

Des analogies imprévues se rencontrent jusque dans les plus petits détails, comme par exemple : les lois improvisées dans les associations, l'influence toute personnelle des chefs (Tacite, Oerm.^ "^H), l'habitude du tatouage, les jeux souvent cruels, l'abus des gestes, le langage onomatopéique, et avec personnification de choses inanimées, jusqu'à la littérature spéciale qui rappelle celle des temps héroïques, alors qu'on célébrait le crime et que la pensée tendait à revêtir la forme rhythmique et rimée.

Cet atavisme nous explique la diffusion de certains crimes.

Tels que la pédérastie et l'infanticide dont on ne sauraient s'expliquer l'envahissement dans des associations entières, si l'on ne se rappelait les Komains, les Grecs, les Chinois, les Taïtiens qui, non seulement, ne les regardaient pas comme des crimes, mais encore quelquefois les pratiquaient comme une coutume nationale; et c'est peut-être à la même origine que nous devons attribuer le grand nombre de pédérastes qu'on remarque chez les esthètes, justement comme chez les anciens Grecs (2).

(1) Voyez Homme crimin., vol. I, pag. 136 a 579.

(2) Eécemment H. EUis trouva que dans les pédérastes 66 % avaient des habitudes artistiques, tandis que Galton n'en trouve dans la population anglaise que 33 \ {Bulletin of fhe Psychol. Section of the Medic. Légal Society. Dec. 1895).

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